La estrategia del delfín - 3.o parte: el delfín

La Estrategia del Delfín

Después de haber visto el comportamiento de tiburón, ahí tienes pues la consecuencia de nuestro estudio del libro la estrategia del delfín, con hoy la presentación del personaje principal: el delfín.

¿Pero en primer lugar, aprendieron lo que en los anteriores artículos? La idea que domina a los dos primeros personajes: el Carpa y el Tiburón es la idea de escasez. Tienden a creer que vivimos en un mundo estático a los límites bien establecidos y explotamos sus recursos utilizando todo el tiempo los mismos enfoques. Se definen incluso a sus comportamientos, que como “se telegrafían” en su espíritu. Eso se vinculó con estrategia de la mosca, que se golpea y se recogne aún más muy contra el cristal, creyendo que para salirse en la vida basta con persistir limitándose a hacer más intensamente la misma cosa.

El delfín por su parte cree a la posibilidad de una escasez como a la posibilidad de una abundancia, y sobre todo que los dos son accesibles. Es capaz de reflexionar sobre la su manera de pensar para adoptar el comportamiento adecuado en cada situación con el fin de explotar lo mejor posible sus recursos y encontrar la solución elegante. Sabe obtener parte de su flexibilidad para utilizar el efecto de palanca encaminado a hacer cuanto más menos con.

Los delfines no son superpescados que esperan la menor ocasión para hacer aprovechar el mundo de su “sabiduría superior”. No son tampoco gurúes, o magos atraídos por las fuerzas místicas u ocultas. No están de la clase que debe aplicarse a ciegas principios. Los delfines son adeptos simplemente de lo que va.

Lo que solemos llamar solución elegante combine tres calidades:

  • la precisión (científico)
  • la coherencia
  • la simplicidad

Desgraciadamente, los conceptos de competición, victoria y fracaso en nuestra cultura nos impiden a menudo que coopere eficazmente para encontrarlo. Incluso cuando se adopta una estrategia supuestamente gagnant-gagnant, se da cuenta de que el concepto se utiliza aún más como un medio de favorecer el buen acuerdo por compromisos más bien que como una palanca que conduce a un verdadero descubrimiento, portador de riqueza. Le sentiment de satisfaction abusive qui en découle est nuisible puisqu’il pousse à se contenter de peu. A long terme c’est une stratégie perdante.

Loin d’être conciliant en permanence, le dauphin se comportera parfois en carpe ou en requin suivant la situation. C’est pour cela que la carpe le verra souvent comme un requin, et que le requin le considèrera souvent comme une carpe. Mais le dauphin agit en pleine connaissance de cause, dans un but précis, suivant ce que la situation exige. Plus important encore : il le fait en espérant tomber sur l’opportunité d’une percée.

Pour comprendre cette logique, il est important de comprendre la différence entre jeu fini et jeu infini, une notion développée dans le livre Finite and Infinite Games de James Carse.

Dans un jeu fini, on joue suivant des règles bien précises, dans le but de gagner. Les règles sont là pour que le jeu prenne fin à un moment donné, donnant la victoire à un des joueurs. Voici quelques exemples de jeu fini : un débat, jouer à un sport, recevoir un diplôme, appartenir à une société ou s’engager dans la guerre.

On assimile aussi le jeu fini au jeu à somme nulle (ou à somme constante) où les bénéfices et les pertes de tous les joueurs additionnés donnent toujours la même valeur. Couper un gâteau est un exemple de jeu à somme nulle (ou constante), puisque prendre une part de gâteau plus grande réduit la part de gâteau restante pour les autres. On appelle aussi ce genre de jeu un jeu strictement compétitif.

Dans un jeu infini, le but est que le jeu continue. Les règles du jeu infini évoluent de façon à éviter que quelqu’un gagne – que la partie soit terminée – et de façon à apporter autant de personne que possible dans le jeu. C’est le jeu de la vie.

Voici quelques extraits du livre de James Carse qui permettent de mieux cerner le concept :

  • Dans un jeu fini, les règles ne changent pas; les règles d’un jeu infini doivent changer.
  • Les joueurs d’un jeu fini jouent suivant certaines limites; les joueurs de jeu infini jouent avec les limites.
  • Les joueurs de jeu fini sont sérieux; les joueurs de jeu infini sont joueurs.
  • Un joueur de jeu fini joue pour être puissant; un joueur de jeu infini joue avec force.
  • Un joueur de jeu fini consomme du temps; un joueur de jeu infini génère du temps.
  • Le joueur de jeu fini aspire à la vie éternelle; le joueur de jeu infini aspire à la naissance éternelle.

Les joueurs de jeu fini veulent tout contrôler. Ils aspirent à être tellement entraînés que rien ne puisse les surprendre. Si parfaitement entraînés que chaque étape soit prévue au départ. Ils jouent comme si le jeu était déjà dans le passé, d’après un script dont chaque détail est connu avant que le jeu lui-même ne commence.

La vision de jeu infini considère plutôt les organisations comme des systèmes créatifs, dont le but est d’améliorer et de favoriser la création sur une vision à long terme. Dans ce  contexte plus large on peut trouver une succession de jeux finis où l’on gagne, on perd, ou on obtient un compromis, mais chacune de ces étapes vise à faire durer le jeu plus large dans lequel ils s’inscrivent.

Comme mentionné, le dauphin est capable de jouer à des jeux à somme nulle, mais sans perdre de vue son aspiration pour une percée à long terme. Voici certains critères qui l’aident à décider quand adopter un comportement donné :

Mainmise :

  • Quand la relation importe peu et qu’un certain résultat final est en jeu. Par exemple pour une urgence médicale, le dauphin peut se permettre de froisser certaines personne puis recoudre les relations plus tard, une fois l’urgence passée.
  • Quand des représailles sont nécessaires. Par exemple en assenant un bon coup sur le museau du requin, pour se protéger ou montrer aux autres qu’ils devraient le prendre au sérieux et jouer avec intégrité.

Compromis :

  • Quand les positions sont très polarisées, mais qu’il faut progresser.
  • Quand autrui est avare de coopération.
  • Quand il est à court de temps, quand la relation reste primordiale, quand l’importance de l’enjeu est dérisoire ou moyenne.

Renoncement :

  • Quand l’enjeu est insignifiant, et la relation, capitale. Par exemple pour guérir une relation.
  • Quand c’est un bon moyen d’aider autrui à apprendre par l’expérience. Par exemple laisser un enfant gagner de temps en temps pour l’encourager à continuer à jouer.
  • Quand la situation est urgente, et le consentement crucial.
  • Quand il se rends compte qu’il a tort.

Le dauphin est même parfois ouvert au désengagement, qui rappelons-le est la seule option qui soustrait quelque richesse de l’univers ou de l’individu :

Désengagement :

  • Quand le résultat importe peu.
  • Quand d’autres besoins sont plus pressants.
  • Quand il faut retrouver son sang-froid pour ensuite régler les problèmes de base.
  • Quand il faut collecter de l’information.
  • Quand il a besoin de temps pour rassembler ses ressources
  • Quand il est clair que rien de bon ne peut être tiré de la situation, sauf une leçon douloureuse.

Enfin, le Non-engagement est sans doute une des stratégies les plus fécondes du dauphin, puisqu’elle lui permet d’éviter les situations peu constructives au profit d’expériences qui tendent vers ses buts et valeurs.

Au delà de ces considérations propres au jeu fini, le dauphin s’efforcera toujours de créer un gain net de richesses pour la communauté, par une percée qui repousse les limites du jeu fini. Lorsque cela est possible, il privilégiera la coopération par rapport à une approche strictement compétitive afin de provoquer le changement.

Par contre, le dauphin a conscience que cette coopération doit toujours se faire dans l’optique de la percée, et non pas dans l’optique d’être gentil pour se donner bonne conscience. C’est une notion souvent mal comprise par les partisans de la stratégie gagnant-gagnant telle qu’on la conçoit habituellement. Nous verrons cela en étudiant le quatrième et dernier personnage du livre : la carpe pseudo-éclairée.



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7 commentaires »

  1. Mohamed said,

    Wrote on avril 1, 2010 @ 19:56

    « Les notions de compétition, de victoire et d’échec dans notre culture nous empêchent souvent de coopérer efficacement ». Je suis on ne peut plus d’accord personnellement je pense que se comparer et donc entrer dans le jeu de la compétition nous éloigne de la réussite.
    Ce concept de jeu fini et infini est vraiment intéressant et en fait je me retrouve un peu dans les deux, suivant les cas.
    La mainmise, le compromis, le renoncement, le désengagement et le non engagement. En fait je n’avais pas vu encore autant de divisions dans les actions que nous posons pour régler tel ou tel soucis ou problème. Au final je continue a me poser cette question (c’est une de mes grandes interrogations ces temps-ci) avec de telle division, est-ce que vraiment au final on peut parler d’actions ? Est-ce qu’en vérité tout ce que nous appelons actions n’est pas en faite que des réactions. J’en ai déjà parler ici et ailleurs mais vraiment je vois en ces divisions l’expression de cette idée simple. Nous n’agissons pas (la plupart du temps) nous réagissons.
    Enfin en lisant tes articles c’est marrant comme j’ai pu reconnaitre des pans de ma vie. Puis-je dire qu’aujourd’hui je suis un dauphin ? J’aimerai le croire mais je sais au fond de moi que je continue a lutter…

    Mohamed Semeunacte

  2. Argancel said,

    Wrote on avril 3, 2010 @ 16:07

    @Mohamed : Merci pour ton commentaire.
    « je pense que se comparer et donc entrer dans le jeu de la compétition nous éloigne de la réussite » : tient cela me fait penser à un principe tout simple : ne pas viser à être meilleur que les autres mais à être meilleur tout simplement.
    « est-ce que vraiment au final on peut parler d’actions ? »
    Je pense en effet que toute action est la conséquence/réaction à plusieurs facteurs déclenchant, et parfois ce facteur déclenchant est très lointain, comme dans les systèmes chaotiques (par exemple le battement d’aile de l’effet papillon).

  3. Mohamed said,

    Wrote on avril 3, 2010 @ 18:31

    « Je pense en effet que toute action est la conséquence/réaction à plusieurs facteurs déclenchant »

    Je dois dire ca me fou la trouille. Si c’est vrai alors quel pouvoir avons-nous sur nos vies ? si c’est vrai alors en vérité tout a été posée, pendant notre enfance ou alors pendant nos vies précédentes (au choix).
    Non je refuse d’y croire, disons plutôt que je refuse de croire que le schéma action/réaction est le seul qui existe. Je pense que certaines personnes arrivent a défaire cette loi de causalité.
    Disons plutôt que si ce n’est pas une question de défaire la loi alors il doit y avoir des moyens de la faire travailler différemment…
    je ne sais pas a vrai dire je réfléchis en même temps que j’écris.
    Je refuse de croire que tout est régis par une simple équation qui fait que les actions a posées ont déjà été posée et notre vie d’adulte n’est que le fruit de réactions a ces actions passées… (bon DIEU c’est que vraiment cette idée me fou la trouille…)

    Mohamed Seme Un Acte

  4. Argancel said,

    Wrote on avril 3, 2010 @ 18:52

    @Mohamed : :D en effet maintenant que tu le dis je me rends compte que c’est assez extrême comme pensée.
    Ca renvoie directement à la nature de notre âme, n’est-ce pas?
    Je veux dire, est-ce qu’on peut voir un animal comme une version plus complexe du programme logé dans un simple robot? Et si c’est vrai, est-ce que nous sommes des robots extrêmement complexes?

  5. Sam said,

    Wrote on avril 8, 2010 @ 10:04

    Très bonne série d’article !
    J’attends avec impatience le dernier volet, car j’imagine que la carpe pseudo-éclairée est encore mieux que le dauphin ? Ou alors c’est un compromis entre la carpe, le requin et le dauphin ;-)

  6. Olivier FAURAX said,

    Wrote on avril 8, 2010 @ 15:00

    C’est cette semaine qu’on aura droit à la carpe pseudo-éclairée ?

  7. Argancel said,

    Wrote on avril 8, 2010 @ 20:46

    @Sam, @Olivier Faurax : la quatrième partie vient de paraître! Je vous propose de la découvrir à cette adresse.

    @Sam : Merci pour tes encouragements! Comme tu le verras la carpe pseudo-éclairée est en fait un état un peu meilleur que celui du dauphin, mais qui n’atteint pas l’efficacité du dauphin. En fait je pense que c’est un état très commun parmi les aficionados de développement personnel, et je peux facilement m’y retrouver dans une certaine mesure (en attendant de m’éveiller à l’état de dauphin ;) ).

    @Olivier : donc la réponse c’est « oui ». Ton impatience m’a fait très plaisir :)


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