Comment se débarrasser d’une mauvaise habitude ?

Nous avons beau être l’espèce animale la plus évoluée, nous faisons souvent des choix désastreux en terme de développement personnel. Si encore c’était ponctuel, nous serions bien lotis. Mais quand ceux-ci se transforment en mauvaises habitudes, nous voilà prisonniers d’un cercle vicieux difficile à surmonter.
Les mauvaises habitudes sont des mauvaises graines qui viennent se loger au plus profond de notre cerveau. Elles créent souvent une dépendance qui provoque un désir ardent de refaire les mêmes gestes, et donc les mêmes erreurs. Cependant en prenant quelques mesures bien choisies, vous pouvez rompre l’enchantement. Et c’est ce que nous allons voir dans cet article.
Alors si vous êtes aux prises d’une habitude tenace telle que le tabagisme, la boulimie, une mauvaise posture ou toute autre mauvaise manie : restez avec nous, voici 5 stratégies qui vous aideront à vous en affranchir…
1) Etudiez votre mauvaise habitude
Vous pensiez tout connaître de votre mauvaise habitude ? Je parie que ce n’est pas le cas. A première vue, on pourrait penser qu’une habitude est quelque chose de très simple. Mais quand on y regarde de plus près, on peut y voir un schéma plus complexe que prévu.
Dans le livre The power of habit, Charles Duhigg nous explique qu’une habitude contient en fait 3 phases :
- Le déclencheur : quelles sont les circonstances qui provoquent votre mauvaise habitude ? Par exemple si vous êtes fumeur et que vous voyez une personne qui fume, vous aurez instantanément envie de fumer.
- La routine : quel est le geste ou la séquence d’actions impliquées dans cette mauvaise habitude ? Par exemple un fumeur ouvre d’abord son paquet de cigarettes, puis allume sa cigarette, en tire quelques bouffées de fumée de manière plus ou moins élégante avant d’écraser et de jeter son mégot.
- La récompense : quel plaisir allez-vous tirer de cette expérience ? C’est toute la raison d’être de l’habitude. Par exemple pour le fumeur, la récompense sera sa dose de nicotine, le bien être que cela procure, et peut-être le plaisir d’avoir trouvé quelque chose à faire en attendant le bus pour se donner une contenance.
Notez bien toutes les subtilités que recèle une habitude. Là encore j’ai fait un portrait grossier du tabagisme. Mais on aurait pu trouver encore plein d’autres causes et récompenses liées au tabac.
Pour mieux les cerner, le mieux est de tenir un journal personnel où vous allez noter chaque jour comment vous cédez à votre mauvaise habitude. Faites-le au moins pendant une ou deux semaines et vous verrez que vous saurez déjà beaucoup mieux comment elle fonctionne. Renseignez-vous aussi en lisant des livres spécialisés.
Vous pourrez aussi faire un bilan : quels sont les avantages et les inconvénients de votre mauvaise habitude ? Ayez-les à l’esprit à chaque fois que vous vous prenez la main dans le sac.
2) Optimisez votre environnement
Comme nous venons de le voir, notre environnement a un rôle crucial dans la formation de nos habitudes. Choisissez le mauvais environnement, et vous serez dépendant à vie d’une mauvaise habitude. Choisissez le bon environnement et vous pourrez la rompre avec peu ou pas d’effort.
Il suffit pour cela de savoir bien utiliser les déclencheurs et les "adoucisseurs" de vos mauvaises habitudes.
Citons quelques exemples pratiques :
- Vous voulez vous tenir droit ? Truffez votre appart de miroirs pour vous redresser dès que vous voyez votre image courbée dans le reflet.
- Vous voulez mincir ? Truffez votre frigo de fruits et légumes. Bannissez toute nourriture trop grasse et sucrée, ou cachez-les au fond de vos étagères.
- Vous voulez arrêter de vous ronger les ongles ? Mettez-vous un verni à ongle ayant un goût immonde.
Faites-en sorte de vous rappeler souvent de votre bonne résolution : placez des posters ou aides-mémoire à des endroits stratégiques.
Vous pouvez aussi utiliser un détrompeur. Ainsi chers amis fumeurs, veuillez noter qu’il existe des paquets électroniques dont on peut paramétrer le nombre d’ouvertures par jour. Vous pourrez donc peu à peu réduire le nombre de cigarettes que vous vous autorisez à fumer par jour.
Bien sûr, l’environnement idéal n’existe pas. Il y aura toujours quelqu’un qui vous rappellera sans cesse de ne pas fumer, sans se douter que vous êtes un peu rebelle sur les bords
Ou bien vous avez peut-être un conjoint ou un ami fumeur qui vous nargue à chaque fois que vous avez décidé d’arrêter. Mais là je vous arrête : je n’ai pas dit de les faire passer par la fenêtre
Si vous êtes vraiment sur les nerfs et que votre environnement ne vous permet pas de prendre les bonnes habitudes, peut-être que changer complètement vos repères fera l’affaire. Ainsi n’hésitez pas à partir en randonnée pendant une semaine, ou même pour un voyage au long cours autour du monde pour tordre le cou à votre mauvaise habitude.
3) Trouvez un substitut
Voici sans doute la stratégie qui implique le moins d’efforts de votre part puisque vous gardez vos déclencheurs et votre récompense. Vous allez simplement modifier les gestes de votre habitude afin qu’elle ne soit plus nocive.
Cette stratégie est bien sûr chaudement recommandée pour toutes les mauvaises habitudes impliquant une dépendance physique importante, en particulier durant la période de sevrage.
Pour l’illustrer, nous allons une fois de plus parler de tabagisme, un domaine pour lequel les sociétés commerciales débordent d’inventivité.
A la base, le substitut de la cigarette du pauvre, c’était traditionnellement le chewing-gum ou la réglisse. Les fumeurs s’en servent pour passer leurs nerfs lorsqu’ils sont stressés ou angoissés. Pourtant même s’il peut y avoir un soulagement, le manque de nicotine se fait cruellement sentir.
Les sociétés ont donc proposé le patch, la gomme à macher ou les pilules à la nicotine. C’est déjà plus sympa. Le sentiment de manque disparaît. Pourtant, on a rudement envie de piocher dans un bon paquet de Marlboro, et de dégager de belles volutes entre amis !
Du coup récemment, ce sont les cigarettes électroniques qui sont apparues pour simuler l’acte de fumer. Le top du top il paraît : elles ressemblent à s’y méprendre à une vrai, et grâce à leur résistance, elles produisent des petits nuages de fumée. Vous pouvez même y aspirer votre dose de nicotine quotidienne. C’est comme si vous y étiez ! Bon après, vous me direz : ça fait un peu geek sur le bord… on est loin d’un James Dean la clope au bec.
Il est clair que le substitut idéal n’existe pas. Mais les résultats sont au rendez-vous : les substituts nicotinique augmentent par 2 les chances d’arrêter de fumer au bout de 6 mois à 1 an.
4) Rejoignez un groupe d’entraide
A défaut d’un substitut adapté, rejoindre un groupe de personnes motivées qui essayent comme vous d’arrêter peut faire toute la différence.
Ca peut d’ailleurs être en soi un vrai substitut. Les alcooliques sont un très bon exemple car l’habitude de boire est liée à l’envie de contact social. Les alcooliques remplacent en quelque sorte leurs anciens compagnons de bar par les membres du groupe. Ceci explique pourquoi l’organisation "Alcooliques Anonymes" remporte un franc succès, avec plus de 100 000 groupes dans 162 pays.
Les groupes d’entraide sont efficaces pour de multiples raisons :
- Les participants comprennent mieux que quiconque ce que c’est que de vivre cette mauvaise habitude, et peuvent donc écouter avec plus d’empathie.
- Il n’y a pas de rapport de force entre les membres : tous sont sur le même pied d’égalité. Il y a donc moins de chance qu’on tire partie de leur faiblesse.
- Chacun se serre les coude et les nouveaux membres se voient attribuer un "parrain" qu’ils peuvent appeler en cas de coup dur.
A défaut d’un groupe qui se réunit près de chez vous, vous pouvez toujours tirer partie des communautés en ligne. On en trouve aujourd’hui pour de nombreux types de mauvaise habitude. D’ailleurs un de mes préférés s’appelle les Procrastinateurs Anonymes (en anglais).
Enfin si vous ne trouvez pas votre bonheur dans un groupe d’entraide, rien ne vous empêche de vous liguer avec un ami dans la même situation que vous pour vaincre ensemble votre mauvaise habitude.
5) Ayez la foi
Sans être un mouvement religieux, une des spécificités des Alcooliques Anonymes, c’est la référence à Dieu, ou tout au moins une « puissance supérieure telle que chacun la conçoit ». Ainsi les membres prononcent la prière de la sérénité :
« Mon Dieu, donnez moi la sérénité d’accepter
les choses que je ne peux changer,
le courage de changer les choses que je peux,
et la sagesse d’en connaître la différence. »
Cet aspect spirituel est apparemment un des ingrédients de la réussite de l’organisation.
Que l’on soit athée ou pas, la leçon qu’il faut retenir c’est qu’il est important d’être authentiquement persuadé qu’on est capable de surmonter sa mauvaise habitude. Et tous les moyens sont bons.
Une des manières que je trouve les plus inspirantes est de lire un livre retraçant la métamorphose d’une personne ayant surmonté sa mauvaise habitude. C’est un format assez courant dans les livres de développement personnel, vous devriez donc pouvoir en trouver assez facilement.
Et si vous vous sentez vraiment patraque, vous pouvez aussi utiliser une vidéo inspirante, telle que celle du film L’enfer du dimanche, où l’acteur Al Pacino incarne un coach sportif qui galvanise les forces de son équipe grâce à un discours d’avant-match.
Bien entendu, si un coach en chair est en os, ou un groupe est capable de vous motiver de la sorte, c’est encore mieux !
Etes-vous ou avez-vous déjà été aux prises d’une mauvaise habitude tenace ? Je vous propose de partager votre expérience dans les commentaires de cet article.
Cet article participe à l’évènement inter-blogueurs « Echanges de compétences » organisé par le blog Copywriting Pratique. Si vous avez lu cet article, à combien l’évalueriez-vous sur 5 ? Cliquez sur la note de votre choix : 0 – 1 – 2 – 3 – 4 – 5
Crédit photo : Piotr Marcinski – Fotolia.com














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