7 clés essentielles pour en finir avec le perfectionnisme toxique (2/2)

Par | 18 août 2013

Ceci est ma contribution à l’Evénement inter-blogueurs A la Croisée des Blogs du mois d’août, organisé par Régis du blog Moment Présent sur le thème "Eloge de l’imperfection”.

L'obsession du perfectionnisme

De retour avec notre article sur le perfectionnisme toxique, voici les quatre clé restantes pour éviter de tomber dans le piège du perfectionnisme toxique  :


4. Placez la barre moins haut

Les perfectionnistes ont des ambitions tellement démesurées qu’ils ne les atteignent jamais, ou alors au prix de sacrifices démesurés. Rabaisser ses prétentions pour arriver à des objectifs de vie atteignables est pourtant essentiel.

Dans le livre Toujours mieux de Frédéric Fanget J’ai trouvé pour vous un parallèle très intéressant entre le perfectionnisme et le saut à la perche. Il faut savoir que lors des compétitions, les perchistes choisissent eux-même la hauteur à partir de laquelle ils vont s’élancer.

Ce choix est stratégique. En effet, un athlète trop ambitieux risque d’échouer au premier coup, ce qui lui donnera un score de zéro. A l’inverse, il ne s’agit pas non plus de choisir un objectif trop prudent, autrement, il se fatiguerait et risquererait d’être trop épuisé pour sauter une barre qu’il devrait normalement passer.

Comme pour le saut à la perche, il est important lorsqu’on se fixe un objectif, de bien se connaître pour évaluer le meilleur compromis entre performance et accessibilité.

Cette règle est non seulement valable pour un objectif donné, mais aussi pour la charge de travail globale. Beaucoup de perfectionnistes ont les yeux plus gros que le ventre : ils surestiment leur capacité de travail, et aboutissent à un emploi du temps surchargé.

Au final, ils se sentent débordé rien qu’à la vue de cette liste de tâches interminable, et accomplissent moins que s’ils avaient eu une charge de travail raisonnable. Il est donc important de remettre les pieds sur terre, et d’être patient dans l’accomplissement de ses tâches.

5. Osez vous faire plaisir

Comme ils se sentent contraints de réaliser toujours plus d’objectifs aussi grandioses les uns que les autres, les perfectionnistes ne prennent plus le temps de se faire plaisir.

Et c’est assez paradoxal : les perfectionnistes devraient être heureux de réaliser de belles performances, à force de travail et de détermination. Pourtant, ils restent toujours insatisfaits et convaincus que ce n’est pas suffisant.

Peut-être, me direz-vous que l’efficacité personnelle, qui est le thème de ce blog, est incompatible avec le plaisir puisqu’elle vise à atteindre la performance, et donc de sortir de notre confort habituel. Pourtant l’efficacité optimale ne s’obtient pas en poussant nos capacités physiques dans leurs derniers retranchements.

Ce mode de fonctionnement ne peut tenir qu’à court terme. Car à force de se donner à fond, nous tournons cette hargne et cette agressivité vers notre propre corps, d’où le déclenchement de maladies somatiques comme l’ulcère d’estomac ou l’eczéma. C’est ainsi que le corps se rebelle, implorant l’esprit pour qu’il s’arrête un moment de travailler.

Les perfectionnistes doivent donc réapprendre à tolérer l’inaction : redécouvrir le plaisir de la contemplation et de la satisfaction de soi dans l’instant présent. Pour cela, on se tournera vers certaines pratiques tournées vers le corps comme le yoga ou la méditation.

Ce sera aussi l’occasion de lâcher un moment cette obsession du contrôle dont font preuve les perfectionnistes pour retrouver la joie de l’improvisation et de la spontanéité.

6. Développez votre assertivité

A cause de leur complexe d’infériorité, l’assertivité est une capacité qui fait souvent défaut aux perfectionnistes. Qu’est-ce que l’assertivité ? Il s’agit de la capacité à s’affirmer et à défendre ses droits sans pour autant nuire aux autres.

Le scénario classique est le surmenage de l’employé qui ne sait pas dire non aux demandes exagérées de ses collègues et supérieurs hiérarchiques. Guidé par la soif de reconnaissance, le perfectionniste préfèrera se surcharger de travail plutôt que de refuser.

Pour réussir à dire non, plusieurs méthodes existent. Par exemple la technique du disque rayé consiste à dire non clairement et avec persévérance, ce qui suffit en général pour repousser une demande trop insistante.

Vous pouvez aussi reformuler avec empathie les demandes de votre interlocuteur (je comprends que tu sois en retard, et que le client est pressé …), sans pour autant céder.

A l’inverse, ne vous privez pas de demander de l’aide. Les perfectionnistes ont souvent du mal à demander de l’aide car ils ont peur que cela trahisse une faiblesse de leur part et que cela les dévalorise. Poutant, il est naïf de croire que l’on peut toujours se débrouiller tout seul. Et même si vous êtes capables de résoudre le problème, réfléchir à deux est souvent plus efficace.

Moi-même, qui suis responsable d’une équipe de développeurs informatiques, je n’hésite pas à demander que l’on me prête main forte lorsque je suis bloqué sur un problème. Vous verrez que dans certains cas, cela peut vous épargner des heures de travail, sans pour autant accaparer le temps de votre entourage.

7. Apprenez à mieux vivre vos erreurs

Enfin, les perfectionnistes ont beaucoup de mal à tolérer leurs erreurs, qu’ils ruminent parfois pendant des jours, allant même jusqu’à les traumatiser durablement. Il s’agit là encore d’un problème de nuance.

Il y a certes des métiers où l’erreur est dramatique. Lorsqu’un chirurgien opère à coeur ouvert, la moindre négligence se paye très cher. De même pour certains secteurs de pointe comme les chaines d’assemblage d’automobile par exemple.

Pourtant les perfectionnistes attachent beaucoup trop d’importance à certaines situations anodines qu’ils perçoivent comme des échecs cuisants. Par exemple lorsque vous butez sur une pierre dans la rue, est-ce que vous regardez anxieusement autours de vous pour voir si quelqu’un vous a vu ? Ou est-ce que vous continuez tranquillement votre chemin sans vous soucier du regard des autres ?

Cette intolérance à l’imperfection peut aussi provoquer de véritables paralysies. C’est le cas du fameux syndrome de la page blanche, où l’on n’arrive pas à commencer une oeuvre, parce qu’on se sent obligé d’écrire d’emblée la version finale. A l’oral, cela peut aussi se traduire par des hésitations intempestives ou même le béguaiement.

Il s’agit alors de recadrer l’interprétation que nous faisons de nos erreurs, afin de mieux évaluer si elles valent vraiment la charge émotionnelle que l’on y attache.

Tout comme on soigne les allergies, vous pouvez vous désensibiliser aux erreurs en vous exposant plus graduellement à des situations qui vous semblent actuellement intolérables, comme par exemple laisser une faute d’orthographe dans un email, ou vous habiller de manière plus détendue.

Vous pouvez aussi vous mettre peu à peu dans des situations pour lesquelles vous ne vous êtes pas ou peu préparé. Par exemple, pratiquer l’improvisation théâtrale ou le freewriting peur vous aider à mieux tolérer votre imperfection et à vous relaxer dans des situations où le degré d’incertitude augmente.

J’espère que vous avez apprécié ces quelques clés pour éviter les mauvais côtés du perfectionnisme. Je vous propose de partager votre expérience du perfectionnisme dans les commentaires de cet article…

Auteur : Alexandre Philippe

Alexandre Philippe est le fondateur du blog C'éclair. Constamment en quête de nouvelles méthodes d'organisation, de motivation et d'apprentissage, il délivre ses éclairs d'efficacité chaque semaine sur ce blog.

3 commentaires sur l'article “7 clés essentielles pour en finir avec le perfectionnisme toxique (2/2)

  1. france paramelle

    bonjour et merci pour votre article. bien structure et pertinent. je l’ai lu avec plaisir. je le trouve également efficace.

  2. mireille.g

    Bonjour merci pour l’article, les idées sont très intéressantes…je sais ce qu’est le perfectionnisme car je l’ai été pendant mes années de collège/lycée et cette pression infligé par soi même est insupportable toujours bien réussir, avoir les meilleures notes etc. Mais avec le temps et beaucoup de volonté car c’est un vrai travail sur soi on apprend a voir ses erreurs d’un autre oeil et je me répète constamment « je fais pour le mieux »et ça fonctionne car tout de suite, meme si notre tâche nest pas parfaite à 100%, on a fait de son mieux voilà

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