J’ai lu : A la découverte du Lean Six Sigma

Par | 22 février 2011

Couverture du livre A la Découverte du Lean Six Sigma

En avril dernier, Florent Fouque était venu nous présenter son livre A la Découverte du Lean Sigma sur ce blog. Et je vous avais promis que je vous donnerais mon avis personnel, voici donc ma propre chronique, avec un peu de retard je vous l’accorde.

Pour rappel, A la découverte du Lean Six Sigma est un livre qui initie à une méthode communément utilisée pour optimiser les procédures d’entreprise en vue d’améliorer la satisfaction des clients et la qualité des produits. Elle est basée dans une large mesure sur des concepts statistiques, où 6 sigma corresponds à 3.4 défauts sur un million de cas.

Là je vous vois déjà vous exclamer intérieurement  : "Quoi ? Mais c’est super barbant un bouquin sur la qualité et les procédures d’entreprise !". Il est vrai que beaucoup de livres consacrés à ce type de méthodologie sont décevants car ils passent beaucoup de temps à expliquer des théories accompagnées d’exemples trop simplistes et superficiels.

C’est pourquoi Florent Fouque a écrit cet ouvrage sous la forme d’un roman d’initiation, qui plonge le lecteur au coeur d’une grande entreprise, en l’occurance un fabricant d’outils de jardinage. On partage ainsi la vie, les relations privées, et les émotions du héro principal, qui découvre comme nous l’ensemble des facettes du Lean Six Sigma.

Peut-être avez-vous déjà entendu parler de la formule du roman d’initiation ? Le livre les plus célèbre est The Goal de Eliyahu Goldratt qui initie à la théorie des contraintes, une méthode visant à identifier et supprimer les goulots d’étranglement qui limitent les performances d’une chaîne de production.

J’ai trouvé ce format très agréable. Loin d’être soporifique, le livre nous offre quelques touches de suspens, de rebondissements et une pincée d’amour pour saupoudrer le tout. On se prends clairement d’affection pour ce manager propulsé presque malgré lui au devant d’un défi de taille : enrayer le départ d’un des principaux clients du groupe.

Heureusement, Bernard n’est pas tout seul puisqu’il bénéficie de l’aide précieuse d’une mentor talentueuse, qui loin de lui donner des solutions prédigérées, l’encourage à réfléchir dans la bonne direction tout au long des 5 étapes que constituent le DMAIC :

  1. Définir (la voix du client, le ou les indicateurs clé)
  2. Mesurer (l’indicateur, évaluer l’instrument de mesure)
  3. Analyser (trouver les causes profondes du problème)
  4. Innover (proposer des pistes d’amélioration, et déterminer les plus pertinentes)
  5. Contrôler (s’assurer que les solutions envisagées sont effectives et Efficaces)

Petit à petit, Florent saisie chaque occasion pour nous présenter les divers outils utilisés dans le milieu, à grand renfort de diagrammes étonnement agréables à parcourir, tels que :

  • La matrice de Kano, afin de trouver les fonctionnalités qui favorisent le plus la satisfaction client
  • Le SIPOC (Suppliers, inputs, process, outputs, customers) visant à obtenir une carte de haut niveau des procédures
  • La Value Stream Map pour évaluer le temps de traitement à valeur ajoutée et les temps d’attente entre les différentes manipulations
  • Les cartes heuristiques
  • Les diagrammes de Pareto, pour isoler les éléments étudiés qui comptent le plus
  • La méthode des 6 chapeaux de la réflexion ainsi que la méthode ASIT pour la créativité
  • La matrice faisabilité/efficacité
  • Les poka yoke (à ce sujet, voir mes articles sur les détrompeurs, ici et )

Et bien sûr la systémique, qui est utilisée au terme de l’analyse du problème pour générer une vue globale du système sur lequel on souhaite trouver des améliorations, afin de faciliter la phase d’innovation. A ce propos, si vous n’êtes pas encore initié à la systémique, je vous encourage à visiter le blog Analyse Systémique de Florent.

Pour expliquer certains concepts un peu avancés, Florent fait appel à quelques analogies qui permettent de fixer les idées. Par exemple, les 5 étapes sont expliquées par le biais du voyage Appolo 11 où Neil Armstrong mit le premier pas sur la Lune. J’ai eu le plaisir aussi de retrouver certains principes qui me rappellent les métaphores que j’avais lues dans le livre La grenouille qui ne savait pas qu’elle était cuite comme la cire et l’eau chaude (la force de la première impression), la limaille et l’aimant (il ne suffit pas d’agir sur les symptômes pour résoudre un problème) ou encore la vipère de Quinton (l’homéostasie).

Enfin, le côté psychologique du livre m’a beaucoup plus. Afin de ne pas choquer les susceptibilités, certains dialogues sont des perles de diplomatie. Difficile en effet de faire prendre conscience à un responsable que son service nécessite des améliorations sans qu’il perçoive la chose comme une critique à son égard. Et j’imagine que de telles situations arrivent fréquemment dans le travail quotidien de Florent :)

J’ai par contre une petite réserve par rapport au passage sur l’explication de la courbe normale sensée définir quel sera notre niveau d’exigence sur l’indicateur clé. Je dois avouer que je n’ai pas tout compris… peut-être donc qu’un peu plus d’explications auraient été utiles (Florent si tu m’entends). A part ça, la plupart des outils sont facilement compréhensibles.

Au final, voici donc un livre qui plaira tant aux adeptes de l’efficacité, qu’aux curieux désirant agrandir leur culture générale du petit monde de l’entreprise. Le livre contient même une application du Lean Six Sigma à l’amélioration de soi dans la vie privé, mais je ne vous dirai pas dans quel domaine… pour ça il faudra lire le livre 😉 Comme quoi on peut très bien utiliser la méthode au quotidien pour son propre développement personnel !

Allez je vous redonne le lien pour acheter le livre, où vous bénéficierez de 4 euros de réduction en utilisant mon code de réduction que voici : « AFFCECLAIR ».

Et restez connectez car prochainement vous découvrirez sur C’éclair une présentation du nouveau livre de Florent Fouque : l’anti-bible du contrôle de gestion.

Auteur : Alexandre Philippe

Alexandre Philippe est le fondateur du blog C'éclair. Constamment en quête de nouvelles méthodes d'organisation, de motivation et d'apprentissage, il délivre ses éclairs d'efficacité chaque semaine sur ce blog.

17 commentaires sur l'article “J’ai lu : A la découverte du Lean Six Sigma

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  2. Jean-Philippe

    J’approuve tout à fait Alexandre ! Le livre est passionnant à lire et nous apprend plein de choses. On se prend à soutenir Bernard dans ses aventures. :)

    Coté écriture, et c’est vraiment une remarque qui n’engage que moi, j’aurais préféré des dialogues plus travaillés, mais c’est vraiment un détail face à tout ce qu’on apprend en lisant cette histoire.

    Bravo encore Florent !

  3. Olivier

    Salut Alexandre,
    Merci pour cette chronique. Ca donne vraiment envie d’en savoir plus.

    Je trouve le blog de Florent sur l’analyse systémique vraiment très intéressant à suivre. Sa présentation sous forme d’analyse systémique ou mindmap des livres du PMBA apporte un vrai plus. Pour les gens comme moi qui aiment la présentation visuelle de l’information c’est un site à ajouter à ses flux RSS ;-).

  4. Florent

    Merci Alexandre pour cette chronique que j’ai eue le plaisir dé découvrir ce matin à mon réveil… 😉

    Merci également à Olivier et Jean-Philippe pour les encouragements !

    Ça fait toujours plaisir… ;-P

  5. Florent F.

    @ Livret A, Fabrice et aux autres…

    Petite curiosité d’auteur… 😉
    Quand on ne connait pas le Lean Six Sigma, qu’est-ce que l’on peut se dire pour imaginer qu’un livre comme celui-là peut être intéressant ?

    Est-ce la présentation d’Alexandre ? Est-ce que ça répond à une problématique précise du moment ? Est-ce que certaines terminologies vous parlent ? Est-ce le projet d’initiation qui se cache derrière le roman ?

    Vraiment, je me pose la question, car précisément mon livre était initialement destiné aux personnes qui ne connaissaient pas du tout le lean six sigma, et forcé de reconnaître que mes lecteurs sont avant tout des consultants et des étudiants… Bref, des gens qui savent déjà plus ou moins de quoi il en retourne…

    Au plaisir de vous lire.
    Florent.

  6. Jérôme

    Merci pour ce retour. J’avais déjà vu pas mal d’articles à propos de ce bouquin mais je ne savais pas vraiment de quoi il s’agissait.
    Je travaille actuellement sur un projet de rédaction d’un livre collaboratif dans le cadre de ma fin d’études, sur un thème assez philosophique : la confiance.
    On a donc voulu « vulgariser » le sujet, mais pas mal d’objections sont apparues :
    – ça risque d’être enfantin
    – pas assez sérieux, ou « pro » …

    Bref, pas évident de trouver le juste milieu entre initier et rester dans le « pro ».

    Apparemment Florent a réussi son coup, félicitation à lui 😉

  7. Alexandre Auteur de l'article

    @Jean-Philippe : ah je reconnaît bien là ton âme d’écrivain. Pour moi qui ne lis pas souvent de roman, c’était tout à fait suffisant.

    @Olivier : c’est vrai que l’enthousiasme que met Florent à nous expliquer la systémique est vraiment motivant pour s’initier à ce domaine.
    Au fait, j’attends avec impatience de voir ta présentation pour le prochain livre de Florent :)

    @Florent : pas d’quoi, ça faisait longtemps que je devais m’y mettre, et la sorti de ton deuxième livre a été le déclencheur !

    @Fabrice : tu nous diras ce que tu en penses :)

    @Livret A : à toi de voir

    @Florent F. : je pense que une des choses qui rebute, c’est justement le terme « Lean Six Sigma » qu’il y a dans le titre. Tu vois dans le titre du livre « The Goal », les gens ont moins l’impression que ça va être un truc compliqué, parce que tout le monde sait ce qu’est un but.

    @Jérôme : en fait la confiance tout court, c’est vrai que pour moi ça ne me semble pas sérieux, mais après, si tu met ça sur un angle plus précis, par exemple la confiance des investisseur sur tel marché ou face à une jeune entreprise, etc et que tu as pas mal de données dessus, ça pourrait aussi être pas mal.
    C’est quoi le principe de ton livre collaboratif ? Quel est le mode de collaboration voulu ? Chacun crée un article et ça donne un livres au risque d’avoir des redondances et des contradictions ? Comme ça se passe ?

  8. Jérôme

    @Alexandre, merci pour ta réponse. En fait, il s’agit d’un livre rédigé par ma classe de dernière année d’école de commerce (36 étudiants)en partenariat avec une école de Design. Le mode de collaboration est assez complexe, car on travaille par mini groupe de 6 par chapitre, avec une équipe de coordinateurs dans laquelle je travaille.
    La publication sera prévue d’ici avril, vous serez au courant de toute façon sur Pourquoi entreprendre 😉

  9. Olivier

    @Florent : Je rejoins Alexandre : le terme « lean 6 sigma » doit effrayer ou rebuter pas mal de monde. Perso, si je ne me suis pas encore porté acquérir du livre c’est que j’imagine (peut-être à tort) que ca doit surtout traiter du monde de l’industrie. Et moi, l’industrie c’est pas mon rayon. Maintenant, j’imagine que les outils doivent être utilisable dans d’autres domaines.

    @Jérôme et Alexandre : un livre sur la confiance, moi ca me paraît super sérieux au contraire. C’est l’ingrédient de base pour réussir n’importe quoi. je travaille justement en ce moment sur une présentation là dessus à partir d’une interview que j’avais entendue d’Alain Bosetti (place des réseaux). Bon courage Jérôme.

    @Alexandre : (pour la présentation) je vois qu’il y a eut des fuites … 😉

  10. Florent F.

    @ Alexandre et Olivier,

    C’est vrai que j’ai hésité à utiliser le terme Lean Six Sigma dans le titre. Au final, j’ai opté pour l’inclure, car ça me permettait de cibler une niche, ce qui me parait fondamental pour un premier livre.

    Sinon effectivement le Lean est plus connu dans l’industrie et la littérature dans ce contexte est bien plus fournie. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle je me suis accès sur l’amélioration des services…

  11. Florent F.

    @ Jérôme,

    Bravo pour ton projet ! 😉
    Je ne pense pas que l’idée d’initiation soit antagoniste au professionnalisme.
    Personnellement, même si j’ai utilisé le roman pour la forme, l’aspect « outils professionnel » reste essentiel (d’ailleurs, certaines entreprises le distribuent à leurs employés).
    Pour l’aspect pro, il faut veiller à :
    – Ne pas faire de raccourcis erronés,
    – Citer les sources et références bibliographiques,
    – Augmenter le roman d’annexes qui permettent d’approfondir le sujet.
    – Soigner la forme (parfois, c’est juste le jargon qui rend les concepts compliqués, avec une simple illustration ou une simple analogie, tout devient plus facile).

    Bon courage en tout cas.
    Au plaisir de te lire.

  12. Jérôme

    Merci beaucoup Florent pour ces conseils :-)
    Je vous tiendrai au courant de la publication (version on-line)

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