Le moment optimal pour s’engager dans l’action (2/2)

Par | 16 septembre 2012

S'engager dans l'action

Nous voilà de retour pour la deuxième partie de notre article consacré au moment optimal pour s’engager dans l’action.

Si vous vous rappelez bien, dans la première partie nous avions parlé de la nature de l’action. Passer à l’action, c’est prendre un engagement. Cela nous coûte des ressources, et nous voulons donc être sûr de réussir pour que cet investissement soit rentabilisé.

Lorsque nous sommes confrontés à une situation connue, nous arrivons à agir de manière très naturelle, car nous avons l’expérience du terrain.

Mais au devant de situations inhabituelles et risquées, nous avons tendance à rallonger à outrance la phase de préparation, par peur de l’inconnu.

Pour éliminer cette peur ou la réduire fortement, rien de tel que de faire ses premiers pas dans un environnement d’apprentissage. Je vous propose donc dans cet article quelques scénarios possibles pour le mettre en place…


La simulation

Tout d’abord, lorsque le risque est important, on peut choisir de modéliser la réalité. On crée pour cela une maquette, ou une simulation informatique.

C’est ainsi que les pilotes d’avion ont l’habitude de s’entraîner avec un simulateur de vol. Ainsi le pilote ne prend aucun risque : il ne causera pas de dégât. Même si l’avion s’écrase, il peut recommencer autant de fois qu’il en a envie.

Cela permet donc au pilote de développer des réflexes complexes, qu’il aurait eu beaucoup plus de mal à acquérir sur un avion physique.

On trouve aussi des simulateurs dans d’autres secteurs à risque comme la finance. Il existe par exemple des simulateurs de gestion de portefeuille d’actions.

En entreprise, on voit aussi se développer le concept de "jeu sérieux", qui est tout simplement un jeu vidéo visant à assurer la formation professionnelle des employés.

Mais bien évidemment, tout cela c’est pour de faux…

La béquille

Dans certains contextes, on peut aussi minimiser les risques en s’aidant d’un dispositif d’accompagnement. Rappelez-vous les brassards que vous utilisiez lorsque vous appreniez à nager, ou les petites roulettes de la roue arrière de votre vélo qui vous maintenaient à l’équilibre.

Autre exemple : dans les auto-écoles, le moniteur dispose d’un double des pédales, qu’il n’hésite pas à utiliser lorsque l’élève risque de causer un accident.

Même si ces dispositifs n’éliminent pas entièrement le risque, ils rendent l’expérience beaucoup moins stressante pour nous ainsi que les personnes qui nous encadrent.

Le public bienveillant

Passer à l’action, c’est aussi s’exposer au jugement des autres, ce qui peut être particulièrement pénible quand on débute.

On peut alors chercher à neutraliser les critiques, par exemple certaines applications du web portent l’insigne "version béta" pour indiquer qu’il s’agit d’un nouveau projet, qui est encore en phase de développement. Dans ce cas, les utilisateurs seront plus tolérants.

Le concept de public bienveillant est aussi la pierre angulaire des clubs Toasmasters. Ceux-ci donnent l’occasion à des apprentis orateurs de se mettre en situation et d’être évalués sur leur prise de parole devant des évaluateurs.

Le mentor

Apprendre auprès d’un mentor est probablement la meilleure manière de se former sur le terrain, en particulier dans tout ce qui concerne les métiers manuels.

Un mentor sait détecter d’un coup d’oeil les maladresses de son apprenti. Grâce à un suivi étroit, l’élève progresse beaucoup plus vite que s’il était livré à lui-même.

L’inconvénient ici est d’une part de débusquer un mentor sérieux et talentueux, et d’autre part de lui montrer que vous êtes très motivé.

En outre, il faut aussi qu’il trouve sa part dans l’opération. Suivant les cas, cela pourra vous coûter très cher !

Le prototype

Un prototype sert à tester votre projet en situation réelle. C’est en général une version plus modeste de votre projet, visant à vérifier que votre produit fonctionne comme prévu.

Il permet de tester les hypothèses technologiques et d’ajuster les propriétés du produit. Il peut aussi servir éventuellement à montrer son savoir-faire.

Ici, le produit est encore en phase de développement, il n’est pas en vente. Donc l’enjeu est nettement moins important que pour un lancement de produit.

Le produit minimal viable

A quoi bon passer de nombreux mois à peaufiner un produit si personne n’en veut ?

Dans le livre Lean Startup, Eric Ries nous invite à créer un produit minimal viable (MVP) pour mettre à l’épreuve nos intuitions. Un MVP est un produit très modeste qui sert à vérifier que ce produit corresponds aux besoins du marché.

A la différence du prototype, il ne sert donc pas à vérifier que le produit fonctionne comme prévu mais sert à vérifier deux choses :

  • qu’il apporte une réelle valeur ajoutée au client
  • qu’il a un fort potentiel de croissance

Grâce à un cycle d’expérimentation, on peut ainsi affiner le produit ou changer de cap  si les hypothèses initiales ne sont pas validées. Et de fil en aiguille, ceci permet à l’entreprise d’innover en continu.

Conclusion

Quel est donc le moment optimal pour s’engager dans l’action ?

Doit-on attendre d’avoir un modèle mental complet de l’action à entreprendre, ou peut-on se lancer à l’aveuglette ?

A première vue, on ne distingue que ces deux tendances :

  • Agir tout de suite, à l’arrache, sur le tas : ceci est faisable sur des projets de faible ampleur, aux coûts modérés.
  • Agir après une longue phase de gestation : dans ce scénario, on attend d’avoir bien mûri le projet dans sa tête ou sur le papier avant de se lancer, car les risques sont importants.

Pourtant les choses ne sont pas si dichotomiques.

Grâce à un environnement d’apprentissage adapté, on peut commencer à expérimenter la réalité du terrain sans se perdre en préparatifs superflus.

De plus les nouvelles technologies comme l’internet réduisent de plus en plus les coûts de lancement de projets modérés, facilitant du même coup le découpage de gros projets en plusieurs expériences de plus petite ampleur.

Peu à peu, nous pouvons ainsi apprendre à apprivoiser le risque, même dans des secteurs aussi chaotiques que les startups de la silicon valley, qui adoptent désormais avec ardeur les préceptes de l’innovation continue.

Un commentaire sur l'article “Le moment optimal pour s’engager dans l’action (2/2)

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