Interview de Florent Fouque sur le contrôle de gestion et l’efficacité en entreprise

Par | 22 mars 2011

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A l’occasion de la sortie du livre L’Anti-Bible du Contrôle de Gestion de Florent Fouque sur les métiers du contrôle de gestion et l’efficacité en entreprise, nous avons décidé de nous rencontrer par skype afin de réaliser une interview et d’entendre les conseils de Florent de vive voix.

Même si le contrôle de gestion n’est pas à priori un sujet qui vous passionne, je vous conseille de tendre l’oreille tout de même. Vous verrez que ces conseils s’appliquent aussi à l’efficacité personnelle :)

Voici le podcast de l’interview de Florent :

Cliquer pour télécharger le MP3

 

Transcription texte de l’interview :

Alexandre : Bonjour à tous, ici Alexandre de C’éclair, bienvenue pour cette nouvelle interview. Je reçois aujourd’hui Florent Fouque. Et nous allons parler d’efficacité dans l’entreprise à l’occasion de la sortie de son livre “L’anti-bible du contrôleur de gestion”. Allo Florent, tu es là ?

Florent Fouque : Oui oui je suis là, je t’écoutes. Salut Alexandre.

Alexandre : Oui bonjour. Alors pourrais-tu te présenter pour les lecteurs qui ne te connaîtraient pas ?

Florent Fouque : Oui bien sûr donc moi je suis Florent Fouque. Je suis consultant en amélioration des organisations. Et j’intervient donc comme ça auprès des entreprises. A côté de ça j’ai 2 blogs sur internet, qui traitent du Lean Six Sigma et des modélisations systémiques.

Voilà j’ai 31 ans, 2 enfants. Et je suis auteur auto-édité de deux ouvrages maintenant. Le premier qui était un roman d’initiation sur le Lean 6 Sigma : A la Découverte du Lean 6 Sigma, et le deuxième livre que je lance très prochainement qui est l’anti-bible du contrôle de gestion.

Alexandre : D’accord et pour rappel, donc y’a un article que j’ai écrit y’a pas longtemps sur A la Découverte du Lean Six Sigma. Pour commencer, est-ce que tu pourrais définir, pour ceux qui ne sont pas très à l’aise avec la gestion d’entreprise, qu’est-ce qu’un contrôleur de gestion ?

Florent Fouque : En fait un contrôleur de gestion c’est la personne qui va faire le lien entre la comptabilité et les opérationnels. C’est à dire que c’est la personne qui va gérer tous les tableaux de bord, qui va gérer tous les reportings, qui va aider les opérationnels à comprendre les indicateurs financiers. Donc voilà c’est la personne qui va faire le lien entre la comptabilité et les indicateurs financiers et les personnes opérationnelles qui gèrent l’exploitation au quotidien.

Florent Fouque : Je sais pas si c’est plus clair ?

Alexandre : lol Je pense que oui.

Florent Fouque : Y’a donc toutes les notions de budget, de prévision de vente. toutes ces choses là.

Alexandre : Alors le métier de contrôleur de gestion, on a l’impression que c’est un métier assez rigoureux, qui ne change pas beaucoup. Quel a été en fait le déclic de l’écriture de ce livre. Est-ce qu’il y a des choses nouvelles dans ce domaine ? Et en même temps quelle est la relation avec ton premier livre “A la Découverte du Lean Six Sigma” ?

Florent Fouque : Effectivement t’as raison ce n’est pas une discipline qui évolue beaucoup. D’ailleurs moi, dans les différents cursus scolaire que j’ai fait – j’ai fait beaucoup de gestion : un bac de gestion, BTS de gestion, maîtrise de gestion et ensuite j’ai fait une école de commerce. Donc autant de dire que de la gestion j’en ai fait. Et en fait à chaque fois dans chaque cursus, on revenait sur à peu près les mêmes éléments, les mêmes thématiques, on voyait les mêmes outils. Mais par contre à chaque fois on approfondissait un petit peu plus.

Et en fait quand je suis rentré dans l’entreprise je me suis rendu compte que effectivement les outils qui étaient utilisés, c’était les outils qui nous étaient enseignés à l’école, donc effectivement tout ça était assez bien consolidé. Tu vois c’est assez robuste, ça faisait un tout cohérent. Et donc on avait l’impression que le contrôle de gestion est une fonction assez bien posée, assez robuste et établie, sur laquelle on avait le sentiment qu’il était difficile de revenir dessus.

Et donc moi j’ai eu l’idée de ce livre là quand j’ai commencé à me rendre compte que qu’y avaient deux trois anomalies. Notamment dans l’amélioration continue, donc dans le Lean Six Sigma, où on se rends compte qu’il y a des aberrations notamment sur le calcul des coûts de revient. On se rends compte que les décisions qu’on peut être amenés à prendre en faisant le calcul des coûts de revient sont complètement contre-productives et peuvent amener à baisser la rentabilité de l’entreprise plutôt que de l’augmenter. Donc je me suis rendu compte de ça sur l’amélioration continue.

Et puis sur le management de l’innovation qui m’intéresse aussi pas mal, je me suis rendu compte que les budgets pouvaient être assez sclérosant pour les entreprises, pour investir de l’argent sur des projets innovant.

Donc voilà sur ces deux constats là qui étaient assez isolés mais qui partaient de mes connaissances que je maîtrisais, je me suis dit, autant passer en revue 10 grands principes du contrôle de gestion, pour bien comprendre leur fonctionnement et du coup leur disfonctionnement, et voir à droite ou à gauche avec des références bibliographiques, en m’intéressant au sujet si y’avait des outils qui existaient. Et effectivement y’a pas mal d’outils qui existent mais qui sont très très peu utilisés dans les entreprises.

Alexandre : et il y a quelques clins d’oeil au premier livre : A la Découverte du Lean Six Sigma …

Florent Fouque : Ah oui forcément. Donc en fait moi quand j’avais fait le premier, ensuite j’avais communiqué sur le fait que j’étais en train d’écrire la suite. D’ailleurs j’écris toujours la suite. Mais j’ai eu un petit peu une perte d’inspiration.

Alexandre : Ah

Florent Fouque : Oui ça arrive, même aux plus grands, et donc quand j’ai renvoyé la couverture de l’anti-bible du contrôle de gestion pour la soumettre à mes lecteurs et qu’ils m’aident à la choisir…

Alexandre : Ils ont été étonné ?

Florent Fouque : Oui, et puis ils attendaient ça. Ils attendaient le roman à l’intérieur. Donc ce que j’ai fait, c’est que j’ai réintégré à l’intérieur – au début c’était un livre qui était assez théorique – une partie opérationnelle. Et j’ai repris donc un personnage du premier livre qui me permet de positionner l’ensemble des principes et de montrer qu’il vit quelques mésaventures. Ensuite je pars en expliquant pourquoi il vit cette mésaventure.

Alexandre : Tous ces commandements de l’anti-bible du contrôle de gestion qui sont remis au goût du jour par rapport aux problèmes que tu cites, ça vise donc à changer la perception traditionnelle de ce métier.

J’aurais aimé savoir donc, dans tes prestations, quand tu vas sur place, si tu as le sentiment que ça rentre peu à peu dans les conscience, ces problématiques. Si finalement le métier est en train de muter, de changer par rapport à ces concepts là.

Florent Fouque : Oui, alors non pas du tout.

Alexandre : lol. D’où la publication du livre !

Florent Fouque : Oui parce qu’en fait y’avait pas de livre qui recensait un petit peu tout ça. Mais vraiment c’est malheureux, et puis c’est difficile. C’est tellement établi, c’est tellement mis en place, rodé dans les entreprises : les processus budgétaires, le calcul des coûts de revient. Vraiment tout est basé là-dessus, et c’est quasiment impossible de remettre ça en cause.

Y’a des exemples, même dans l’industrie automobile où ils sont très avancés, où ils continuent encore à faire grossir la taille des lots pour grossir les coûts de revient. Enfin je veux dire c’est catastrophique. Ils font des choses qui vont à l’encontre de leurs performances. Mais pour eux c’est le bon sens quoi. Et c’est pas le bon “bon sens” :)

Et donc quand on arrive en tant que consultant et qu’ils font aller à nous souvent pour qu’on leur dise ce qu’ils ont envie d’écouter… Nous on essaye d’amener des petites améliorations de manière sporadique. C’est des cachets homéopathiques qu’on essaye de faire mais on peut pas changer toutes les organisations du jour au lendemain.

On part vraiment de très loin. Autant sur l’amélioration continue, les gens commencent à se dire : il faut optimiser les processus. Autant sur le processus budgétaire et tout ce qui concerne la partie gestion, on est loin loin loin de remettre les choses en cause.

Et puis je veux dire, même si tous les contrôleurs de gestion, si tous les financiers se basent sur les cours qu’ils apprennent en université ou en école de commerce : ils ont pas la base. Les outils que je présente moi dans mon livre ne sont pas enseignés, alors que l’amélioration continue on commence un petit peu à l’enseigner. Mais là on part vraiment de rien du tout.

Alexandre : Tiens donc.

Florent Fouque : lol

Alexandre : Le Lean Six Sigma, c’est une méthode qui est américaine. Est-ce que dans les entreprises, dans les formations, est-ce qu’on l’enseigne un peu plus cette méthode maintenant qu’on la connaît un peu mieux en France ?

Florent Fouque : Je dirais que ça démarre. Le Lean Six Sigma est encore assez récent puisque c’est arrivé dans les années 90 / 2000. Donc en France ça démarre. Dans les écoles ou en université, on commence à l’enseigner. Mais on arrive plutôt à un niveau Master 2, donc c’est vraiment très très tard dans le cursus.

Mais sinon le Lean qui est beaucoup plus vieux, lui est enseigné dans les écoles qui font de la mécanique, ou qui font de la production depuis pas mal de temps maintenant.

Alexandre : Ah oui ? Et un peu moins dans les services donc.

Florent Fouque : Oui sur les services ça démarre. Les grandes banques et les grandes société d’assurance s’y sont mis dans ces 4/5 dernières années. Mais ça démarre tout juste.

Alexandre : Alors si on revient sur l’anti-bible du contrôleur de gestion. Le livre fait référence dans une large part à l’approche systémique. On voit partout dans le livre que c’est un des concepts centraux qui permet de contrebalancer ce modèle unique de la formation de contrôleur de gestion.

J’aimerais que tu nous en dise quelques mots, que tu nous fasse une petite introduction pour les gens qui ne connaissent pas. Parce que finalement y’a bien peu de monde qui connaît ça. Et puis comment as-tu découvert cette méthode ?

Florent Fouque : Donc moi j’ai découvert la méthode à l’école. En école de commerce y’a 3/4 ans maintenant, où notre prof nous avait fait lire le Macroscope. Et derrière il nous avait demandé de faire une modélisation d’un système sur la base d’une problématique qu’ils définissait.

Donc par exemple la problématique sur laquelle moi j’étais tombé c’était : du jour au lendemain, y’a neuf enfant sur 10 qui naissent qui sont des garçons. Qu’est-ce que devient l’humanité ?

Alexandre : lol. Sympa !

Florent Fouque : Pour moi ça a été une vrai révélation. Autant la lecture du livre “Le Macroscope” n’a pas été une révélation, alors que le prof nous disait que ça allait être une révélation. Autant la modélisation du système par rapport à cette problématique là m’a vraiment fait percuter sur l’apport de l’approche systémique.

Donc en fait l’approche systémique, ça consiste à étudier les interactions qui se passent entre les différents éléments d’un système, plutôt que de se focaliser sur chaque partie d’un système pris isolément. Voilà donc on se focalise sur les interactions. En fait moi je suis parti sur ce principe là parce que le contrôle de gestion tel qu’il est fait aujourd’hui est très analytique.

L’analytique c’est vraiment la partie opposée mais complémentaire de l’approche systémique. Dans la partie analytique on va vraiment découper les choses pour mieux les comprendre. C’est Descartes qui disait, en 1637, de souvenir, qu’il fallait décomposer les problèmes en sous-problèmes, et aller au niveau de détails le plus bas, au niveau de problème le plus simple pour pouvoir le résoudre et ensuite remonter aux problèmes plus globaux.

Donc c’était vraiment descendre dans le plus fin pour ensuite remonter au plus compliqué. Et donc l’approche systémique va plutôt regarder les éléments, comment ils interagissent les uns entre les autres. Et dans l’approche systémique on considère qu’on ne peut pas séparer les éléments entre eux.

Donc par exemple l’approche analytique, elle voudrait expliquer à quelqu’un comment faire une pizza juste en lui donnant la liste d’ingrédients. Donc on aurait chaque partie qui serait découpée, qui serait séparée. Forcément c’est impossible : avec une liste d’ingrédients on ne peut pas faire une pizza.

Et par contre l’approche systémique, elle, va expliquer non pas le de quoi c’est fait mais le comment c’est fait. C’est à dire comment les choses se font, comment elles s’emmêlent, comment elles se suivent. Voilà donc c’est plutôt la recette de cuisine pour faire la pizza.

Mais pour faire une pizza il faut une recette, savoir comment on fait, et il faut également des ingrédients. Donc l’idée c’est de jongler entre l’approche analytique pour des fois creuser un sujet et aller dans la spécialisation. Mais toujours en gardant une idée générale et une vue globale sur la problématique que l’on traite.

Alexandre : Oui tout à fait

Florent Fouque : Je ne sais pas si c’est plus simple.

Alexandre : Non non c’est très compréhensible. lol. D’ailleurs dans le livre on voit de nombreux exemples où l’on utilise l’approche systémique.

Mais j’ai remarqué aussi que tu avais une affection particulière pour une autre notion, qui s’appelle le chemin du moindre effort, et donc l’importance d’un cadre de travail approprié pour agir efficacement.

En te lisant, on a l’impression que d’après toi la structure serait plus importante que la volonté de bien faire des employés.

Florent Fouque : Oui. Bon déjà il faut rappeler un point important, c’est que le chemin de la moindre résistance est une propriété systémique.

Alexandre : Ah ! On y revient.

Florent Fouque : Donc c’est une propriété des systèmes. Donc effectivement je suis d’accord avec ce que tu viens de dire, c’est malheureux mais c’est comme ça. Mais il faut bien se mettre dans la tête que si nous devions analyser et prendre une décision sur chacun de nos actes, le cerveau au bout de 5 minutes, il fumerait.

Alexandre : lol

Florent Fouque : Je veux dire c’est pas possible. L’ensemble de nos actes dans la journée, 90% /95% de nos actes dans la journée sont faits sur des réflexes comportementaux. Et ces réflexes comportementaux se positionnent par rapport au chemin de la moindre résistance. Et c’est pas de renier la liberté que de dire qu’on suit le chemin de la moindre résistance. Mais c’est simplement de reconnaître que notre cerveau a une capacité limitée, et que tant bien que mal pour survivre avec ça, eh bien on s’appuie sur nos réflexes comportementaux.

A partir de là il faut savoir ça et puis il faut le tourner à notre avantage. Donc structurer les systèmes. Faire une structure du système qui induise un bon comportement.

C’est simple ou pas ?

Alexandre : Oui oui, donc c’est trouver un fil directeur pour guider un peu les gens.

Florent Fouque : Voilà, et puis focaliser son attention uniquement sur là où on apporte de la valeur ajoutée. Moi j’ai un exemple qui est très frappant : je me lève très tôt le matin pour écrire ou pour lire. Et donc j’ai un rituel le matin : je me lève, je vais prendre ma douche, ensuite je me fais couler mon café, je me pose sur mon bureau et je bois mon café en même temps que je lis et que j’écris.

Quand c’est comme ça je suis très productif, parce que mon cerveau se focalise uniquement sur le moment où je me pose et là où je dois écrire.  Et tout le reste qui est avant c’est très machinal en fait.

Et je me suis rendu compte l’année dernière quand j’ai déménagé, que pendant 6 mois j’ai pas pu écrire. Parce que pendant 6 mois j’avais perdu tous mes repères en fait.

Alexandre : Ah oui ?

Florent Fouque : Oui oui, d’ailleurs j’étais un peu perdu. Il m’a fallu six mois pour reconstruire un chemin de la moindre résistance le matin qui m’amène à écrire comme il faut.

Alexandre : Ah c’est intéressant ça !

Florent Fouque : Donc à savoir quand on écrit un livre de ne surtout pas déménager 😉

Alexandre : Oui lol

Alors en fait on voit que ce livre n’est pas adressé uniquement aux contrôleurs de gestion ?

Florent Fouque : Après c’est jamais évident de savoir la cible d’un livre. Je sais qu’en ce moment on entends beaucoup dire qu’il faut aller recueillir le besoin de nos lecteurs potentiels pour leur donner le produit qu’ils sont en droit d’attendre.

Moi j’ai plutôt l’approche différente où j’écris un livre parce que j’ai vraiment envie d’écrire un livre et pour moi après l’écriture va toute seule. Effectivement je me pose la question du lecteur. Sur le premier je m’étais complètement gouré parce que je voyais ça pour les managers. Je voyais un livre d’initiation vraiment pour tout le mode et au final je me rends compte que mes lecteurs sont beaucoup d’étudiants et beaucoup de consultants. Mais y’a quand même 2 / 3 autres personnes à côté qui gravitent autours et qui s’intéressent à beaucoup de sujets et qui arrivent dessus par hasard. Et là pour moi c’est très sympa de les avoir comme lecteurs.

Mais voilà c’est pas évident. Celui-là je l’ai écrit pour aider les contrôleurs de gestion à upgrader leur boite à outils. Effectivement je critique les grands commandements tels qu’ils sont donnés aujourd’hui, les grands principes. Mais l’idée c’était quand même d’apporter une solution, une alternative et proposer un guide des meilleurs pratiques du contrôleur de gestion tel qu’on peut l’attendre aujourd’hui.

Donc j’aspire à ce qu’il y ait un maximum de contrôleurs de gestion qui le lisent. Et puis j’aspire à ce que tous ceux qui s’intéressent à l’organisation de l’entreprise puissent découvrir avec l’approche systémique comment comprendre des situations à l’intérieur de l’entreprise avec cet outil là.

Et puis j’ai aussi comme on l’a dit tout à l’heure, j’intègre un personnage qui permet de rendre les choses un petit peu plus accessibles. Je fais aussi pas mal d’analogies. Je pense que tu as dû t’en rendre compte parce que t’es fan de ça.

Alexandre : Oui tout à fait.

Florent Fouque : L’idée aussi c’est de rendre accessible le contrôle de gestion, qui paraît comme ça un métier un peu rigoureux et un peu terne. L’idée c’était aussi de rénover ça, apporter une image un petit peu plus sympa, un petit peu plus punchy quoi.

Je ne sais pas si ça a réussi. Est-ce que toi, tu connaissais le métier de contrôleur de gestion ? Le métier ?

Alexandre : Alors moi non pas du tout. En fait je pensais même que dans le premier livre le personnage principal était le contrôleur de gestion. A un moment du livre, j’ai vu qu’il y avait une autre personne qui était un contrôleur de gestion. Mais je pensais que le métier n’existait pas encore dans cette entreprise et que ça allait être donc le héro du livre qui allait être le premier.

Donc je ne connaissais pas du tout mais finalement on arrive à se cultiver un peu sur le fonctionnement de l’entreprise. Parce qu’on voit aussi beaucoup comment fonctionnent les différents départements entre eux.

Et puis ce que je dirais aussi, c’est que tes livres parlent non seulement d’efficacité en entreprise, mais il y a des choses aussi qui sont transposables dans l’efficacité quotidienne personnelle. D’ailleurs y’avait un exemple dans le premier roman.

Peut-être que tu pourrais nous dire quelques trucs dans ton dernier livre que tu expliques dans ton dernier livre que tu appliques aussi dans ta vie quotidienne ?

Florent Fouque : Alors, des trucs que j’applique dans ma vie quotidienne ? Le chemin de la moindre résistance, oui ça c’est comme tu l’as dit tout à l’heure. Donc effectivement j’essaie de structurer ce qui m’environne pour que je fasse les choses naturellement.

Y’a la tension créative aussi, qui est aussi une autre propriété systémique. C’est à dire qu’il faut créer une tension pour être amené à faire les choses. Donc d’ailleurs c’est toujours dans le même livre du chemin de la moindre résistance. Par exemple moi je me fixe des objectifs bien sûr. Mais je sais que j’écris plus facilement et plus vite quand je dois écrire pour quelqu’un au niveau professionnel.

Donc j’ai eu la chance qu’on me demande d’écrire des articles pour différentes publications. Et donc dans ces moments là j’écris j’écris j’écris et du coup je peux réutiliser derrière les textes différemment, les tourner autrement et je profite de ça pour écrire.

Alexandre : C’est un peu se mettre au pied du mur

Florent Fouque : Voilà c’est exactement ça. Sinon c’est la procrastination qui prends le dessus quoi. Si c’est juste pour nous… C’est la grande différence qu’il y a entre un amateur et un professionnel. C’est que l’amateur il va le faire pour le plaisir et donc il va remettre au lendemain assez facilement. Alors que le professionnel il a une contrainte de temps. Il faut le faire, il y a un donneur d’ordre qui attends, y’a un client qui attends. On ne se pose même pas la question.

Alexandre : Et il faut gagner son pain :)

Florent Fouque : C’est ça. Et du coup on dépense plus d’énergie à faire pour les autres ce qu’on pourrait faire pour soi-même. Donc moi j’essaye quand j’écris de me mettre en position de professionnel. Je me dis : quel est mon client ?

Alexandre : C’est un peu ce qu’on dit : les cordonniers sont les plus mal chaussés. Ils font mieux pour leur client que pour eux-même.

Florent Fouque : Voilà et puis sinon moi l’approche systémique je l’utilise dans l’ensemble du livre. C’est vraiment une façon de percevoir le monde. Donc tout ce que je fais au quotidien je le réfléchis en fonction de l’approche systémique.

Après ça ne parle peut-être pas mais je vois beaucoup d’interactions quand je discute avec quelqu’un. Quand je vois qu’on s’emporte dans la discussion, je vois qu’il y a une boucle de rétroaction positive qui se remet en place. Donc je change tout ça. C’est vraiment une perception du monde qui change.

Alexandre : Alors finalement est-ce qu’il y aura bientôt un livre sur la systémique ?

Florent Fouque : Oui, je vais répondre à ta question. Mais toi qui est plutôt porté sur l’efficacité personnelle, comment tu perçois l’utilisation de la systémique sur l’efficacité personnelle ? Comment tu te projette sur cette idée ?

Alexandre : Justement je m’y intéresse de plus en plus. Surtout en ayant lu tes livres, et en ayant lu aussi l’anti-bible du contrôle de gestion. Alors moi je suis toujours sur les outils informatiques, donc j’aimerais bien trouver un logiciel qui me permette de le faire assez vite, et que hop je le met sur ma clé USB, et que quand j’ai envie de faire un graphique je le fais.

Je ne sais pas si tu connais des outils pour le faire ?

Florent Fouque : Non il y a des outils mais ils sont trop tordus et c’est des outils de dynamique des systèmes qui sont pas du tout dans l’esprit mindmap que moi je fais en fait. Donc oui au sujet de ta question. J’imagine que tu cherches un livre sur d’initiation sur la systémique.

Alexandre : Voilà c’est ça.

Florent Fouque : Alors en fait si tu veux, il m’arrive d’envoyer régulièrement des formulaires pour savoir ce que les gens pensent de mon livre, et puis ce qu’ils cherchent comme livre. Et effectivement il se trouve que beaucoup de mes lecteurs recherchent des livres d’initiation à la systémique. Donc c’est pour ça, je suis pas devin, tu rentres dans une population bien identifiée.

Effectivement c’est mon projet qui est un petit peu en cours et où je suis à cours d’inspiration. En fait c’est la suite du premier, qui donc porte entièrement sur la systémique. Donc ce sera un livre d’initiation à la systémique et il sera aussi sous forme de roman.

Ce qui est plus compliqué pour moi, c’est que la méthodologie du Lean Six Sigma est très carrée, très établie. Et donc moi j’avais juste à prendre la méthode, présenter un projet et comment ça se déroule.

Sur l’approche systémique, y’a vraiment des dizaines, des centaines voire des milliers de références bibliographiques sur ce thème là et c’est très difficile d’aller prendre à droite, à gauche, et de composer et de comprendre. En fait c’est très vaste. Et donc y’a de la théorie, y’a de la pratique, y’a des outils. J’ai mis beaucoup de temps à cerner quels étaient les différents outils. Quels étaient les différents niveaux d’outils : théoriques, de modélisation et les outils d’action.

Voilà j’arrive aujourd’hui à avoir bien cartographié tout ça. J’ai fait le démarrage de mon histoire. Il me manque des idées pour construire le scénario. Mais l’idée c’est ça, de faire un livre d’initiation à l’approche systémique en balayant des outils pour que les gens comprennent concrètement comment ça se passe. Mais les outils peuvent pas être utilisés tant qu’on ne connaît pas un petit peu de théorie. Donc c’est pour ça qu’au début j’essaie d’introduire de la théorie sur l’approche systémique mais de manière romancée. J’ai écrit un tiers du livre. Là il m’en reste deux tiers.

Alexandre : On attends avec impatience donc ce nouvel opus. Bon je crois qu’on va terminer sur cette petite note cette interview. Je te remercie pour toutes ces réflexions qui je suis sûr vont faire réfléchir nos lecteurs.

Et pour finir, si vous êtes intéressé par le livre sur le contrôle de gestion et l’efficacité en entreprise qu’est l’anti-bible du contrôle de gestion, je vous invite donc à cliquer sur le lien en-dessous pour acheter le livre. Et j’espère que vous l’apprécierez autant que moi-même je l’ai apprécié. Et que ça vous permettra d’avoir non seulement une meilleur vision du métier de contrôleur de gestion, et également d’améliorer votre efficacité personnelle ou en entreprise.

Merci Florent. Je te dis à bientôt !

Florent Fouque : Merci à toi Alexandre. A plus. Ciao !

Voici donc le lien pour acheter le livre :
L’Anti-Bible du Contrôle de Gestion

Et je vous invite comme d’habitude à réagir dans les commentaires à cette interview…

4 commentaires sur l'article “Interview de Florent Fouque sur le contrôle de gestion et l’efficacité en entreprise

  1. Pingback: 50 conseils éprouvés pour planifier un projet à long terme

  2. yves

    le lien pour le mp3 renvoie sur une page autre que l’interview audio

  3. Pingback: 50 conseils éprouvés pour planifier un projet à long terme | Manu's World

  4. Julie

    En parlant de la gestion et efficacité dans les entreprise, pour ma part, gérer son temps est une question de priorités qui pourrait bien nous aider dans le management d’une entreprise. Et c’est précieux. Il en va de l’efficacité au travail, mais aussi du bien-être.

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