Interview d’Olivier de Simple Slide sur les présentations powerpoint efficaces

Par | 15 décembre 2010

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A l’occasion de la sortie du guide gratuit Big Presentation d’Olivier Richard sur les présentations PowerPoint efficaces, nous avons décidé de nous rencontrer par skype afin de réaliser une interview et d’entendre les conseils d’Olivier de vive voix.

A noter aussi que nous en avont profité pour réaliser une seconde interview sur le blog d’Olivier où cette fois c’est moi qui réponds à quelques questions sur l’aspect oral des présentations, d’après mon expérience dans mon club Toastmasters.

Voici le podcast de l’interview d’Olivier :

 

Transcription texte de l’interview :

Alexandre : Bonjour à tous ici Alexandre du blog C’éclair.  Je suis aujourd’hui en communication skype avec Olivier du blog simpleslide.com.

C’est un blog qui aborde divers sujets : le marketing, la communication, l’efficacité personnelle. Et la particularité de ce blog, c’est qu’il met en scène ces différents sujets à l’aide de powerpoints. D’ailleurs il a développé une activité de design de présentations grâce à cette expertise qui s’appelle Le Studio et il accompagne les entreprises pour améliorer leurs présentations.

Il a également publié dernièrement un guide gratuit regroupant quelques-uns de ses meilleurs conseils pour des présentations efficaces et que vous pouvez télécharger sur son site : simpleslide.com

Bonjour Olivier, tu es là?

Olivier : Bonjour Alexandre ça va bien

Alexandre : On va essayer d’avoir un aperçu de ton expertise à travers divers questions…
La première : ça fait depuis un petit moment que je parle du Club Toastmasters sur C’éclair où l’on pratique l’art de parler en public lors de réunions mensuelles. Et dans ces réunions on utilise assez rarement le powerpoint et d’ailleurs il n’a pas très bonne presse, c’est à dire qu’il est perçu un peu comme une barrière entre nous et le public. D’ailleurs ma mentor me dit souvent : “n’utilise pas de powerpoint, ça va troubler ton message, ça va te déconcentrer”. Donc ton expertise m’intéresse. Qu’est-ce que tu penses de l’utilité du powerpoint ? Quand faut-il l’utiliser ? Quand peut-on s’en passer? Quel est ton ressenti là dessus ?

Olivier : Effectivement je comprends bien le point de vue de ta mentor, lorsqu’elle dit que Powerpoint n’est pas forcément l’outil le plus adapté. Parce que c’est vrai qu’il a plutôt mauvaise presse. C’est souvent synonyme d’ennui, voire même pour certains de torture :) . On a tous plus ou moins vécu le fait d’être dans une salle, à suivre un présentateur avec une présentation qui n’en finit pas et on n’a qu’une envie, c’est de s’enfuir en courant.

Pour moi Powerpoint c’est avant tout un outil. Un outil soit on sait bien l’utiliser, soit on le maîtrise pas tout à fait et donc on arrive à produire des choses qui ne sont pas forcément de très grande qualité. Moi ce que je constate beaucoup c’est que aujourd’hui les Powerpoints sont quasiment utilisés comme des documents Word. C’est à dire qu’on a tendance à confondre document imprimé et présentation Powerpoint.

Avant tout et à la base une présentation Powerpoint doit servir à accompagner un discours oral, à l’appuyer, à compléter le message. C’est un point hyper important, et aujourd’hui on a souvent l’impression que l’on a à faire à des téléprompteurs plutôt qu’à des supports de communication efficaces.

Alexandre : Tout à fait, donc on doit davantage synthétiser les diapos, que de faire ça comme quelque chose d’interchangeable avec le discours.

Olivier : Oui exactement

Alexandre : Ce qui m’a frappé quand j’ai lu les premiers conseils sur ton guide, c’est que tu conseilles d’éviter les listes à puce. Ca m’a frappé parce que dans ma dernière présentation, il y avait des listes à puce justement. Donc pourquoi tant de haine contre les listes à puces ?

Olivier : lol Oh non j’ai pas de haine contre les listes à puces. Et encore moins pour ceux qui les utilisent, rassures-toi :) . Mais le constat que je fais, c’est qu’il y a un abus dans l’utilisation des listes à puce. Une liste à puce qui va comporter trois points, encore ça va passer. Mais une liste à puces où l’on va avoir par exemple une dizaine de points mentionnés sur une diapo. Très clairement la diapo elle en devient complètement illisible. Les idées intéressantes que peut contenir la liste à puce sont complètement évacuées, elles passent à travers.

Je crois qu’on est tous habitués finalement à avoir des présentations avec le titre, sous-titre, liste à puces. Et on a un petit paradoxe puisque tout le monde concède que c’est très ennuyeux, mais en même temps tout le monde en fait et tout le monde est habitué à en voir.

Moi j’aurais plutôt tendance à dire que plus on met des listes à puce dans cette diapo, et moins la présentation va être claire et mémorisable pour le public.

Alexandre : donc il faut s’éloigner un peu du troupeau et faire une diapo personnalisée. Pas comme toutes les présentations qu’on a vues depuis le lycée. Les classiques Powerpoints basés sur des modèles. Il faut faire quelque chose d’un peu plus original.

Olivier : Exactement et un conseil que je peux donner par rapport à ça c’est qu’au lieu de “farcir” sa présentation de listes à puce, d’essayer tout simplement de les remplacer par des visuels, remplacer une liste à puce par un beau visuel qui va illustrer l’idée du message que vous souhaitez faire passer. Ce sera beaucoup plus efficace qu’une tartine de listes à puce dont les gens ne se souviendront plus 30 secondes après que vous ayez passé la diapo.

Donc je n’ai aucune haine contre les listes à puce, mais j’ai beaucoup d’affection pour les présentations un peu soignées qui font appel à des visuels efficaces.

Alexandre : Dans ton ebook, c’est marrant parce qu’on apprends que la première chose à faire pour créer un powerpoint, tu nous dit que c’est d’éteindre son ordinateur :) . Pourquoi donc ? On a quand même besoin de notre ordi pour faire notre Powerpoint ?

Olivier : Effectivement je comprend que c’est un peu déroutant à première vue. Mais en fait je crois que c’est une étape nécessaire. On a habituellement tendance à se jeter sur son logiciel Powerpoint pour rédiger ses diapos à la va-vite. Mais finalement en faisant ça on passe peut-être à côté de l’essentiel. Et l’essentiel ça peut se résumer à la question suivante : quel est le message essentiel que l’on veut communiquer à notre auditoire. C’est vrai que c’est une question qui peut paraître un peu banale, mais finalement il n’est pas si évident d’y répondre.

On a plutôt tendance à faire des présentations qui ont un contenu très dense. Mais au final c’est des fois pour masquer le fait qu’on ne sait pas vraiment ce qu’on veut dire. On dite beaucoup de choses, on se dit que ça va passer. Mais on n’a pas une vision très claire du message que l’on souhaite faire passer.

Donc effectivement le premier conseil que je peux donner à des gens qui veulent améliorer leur présentation, c’est de ne pas commencer par allumer leur ordinateur mais c’est plutôt de prendre une feuille de papier, un crayon, et de s’octroyer un petit temps à l’écart, un temps de sérénité, un temps de recul surtout afin d’avoir une vision d’ensemble de la présentation que l’on souhaite faire et surtout à arriver à identifier le message essentiel que l’on souhaite faire passer dans sa présentation.

S’il fallait utiliser une petite formule : pour moi une présentation Powerpoint, c’est pas fait pour informer, c’est fait pour influencer. Quand je dis influencer c’est dans le sens positif du terme. C’est à dire de pousser les gens à agir par rapport à ce qui nous semble intéressant, aux idées qu’on défends, etc.

Par rapport à ça il faut quand même prendre ce temps de réflexion pour bien identifier le message que l’on veut faire passer.

Alexandre : Oui parce que quand on est sur un Powerpoint, c’est peut-être aussi une façon de procrastiner. On va commencer à faire ce qui est facile, c’est à dire par exemple prendre des images qu’on trouve dans le répertoire clipart, et les ajouter. Alors qu’on devrait plutôt se concentrer sur le plus dur, sur le contenu et le message qu’on doit faire passer.

Olivier : Exactement. Et c’est bien Le message. Dire plusieurs choses finalement ce n’est rien dire. Il faut arriver à identifier l’idée la plus importante. Et c’est là dessus qu’on va construire sa présentation. Bien sûr avec des exemples, avec tout un tas de technique qu’on utilise pour mettre en relief son idée principale. Mais c’est vraiment là où on doit concentrer son énergie dans un premier temps : trouver cette idée essentiel.

D’ailleurs pour les gens que ça intéresse, je parle très fréquemment sur mon blog d’un livre qui s’appelle Ces idées qui collent qui a été écrit par deux américains. C’est un livre dans lequel ils essaient de décrypter qu’est-ce qui fait qu’une idée va accrocher le public par rapport à une autre idée qui va être complètement oubliée.

Et donc ils ont identifié 6 facteurs clé qui font qu’une présentation va être mémorable pour un auditoire. Et la première idée justement c’est bien celle-ci : celle de la simplicité. Qui dit simple ne dit pas être simpliste. Là il y a une nuance qui est assez importante, simple c’est à dire arriver à effeuiller son message pour arriver au coeur de son message, quelque chose qui soit à la fois concis et essentiel pour faire une présentation efficace.

Alexandre : Et c’est vrai qu’on dit souvent que si on n’arrive pas à simplifier ce qu’on veut dire, c’est qu’on n’a pas bien compris notre sujet.

Olivier : C’est très vrai

Alexandre : Vu qu’on en est aux idées, dans ton ebook tu parles de plusieurs outils pour trouver des idées percutantes et adaptées aux auditeurs. Alors est-ce que tu peux nous dire quels sont tes outils favoris, ceux que tu utilises couramment ?

Olivier : En fait moi j’utilise essentiellement deux gros outils on va dire. Tout d’abord, tout ce qui est carte heuristique, mind mapping. Je suis un assez grand pratiquant de cette méthode là. C’est vrai que ça permet à la fois de faire un brainstorming et de commencer à organiser ses idées, pouvoir commencer à faire des petits croquis, etc.

Et je suis un assez grand consommateur également de Post-its. Dès que j’ai une idée, je la met sur un Post-it. Là où c’est intéressant pour préparer une présentation, c’est que justement on peut assimiler un Post-it à une diapo et donc jouer avec les Post-its pour organiser et structurer sa présentation. Des fois ça peut bien aider à dégager un fil conducteur.

Egalement dans l’ebook les lecteurs pourront retrouver d’autres méthodes comme la technique des 6 chapeaux, etc. C’est vrai que dans mon ebook, j’ai essayé de proposer différents outils qui favorisent la créativité. On pourrait s’attendre à ce que ce soit un ebook qui parle plutôt de “Comment utiliser Powerpoint ?”. C’est pas du tout ça. Y’a plein de tutoriels qui existent sur internet.

Alexandre : Ce n’est pas un livre technique, du genre cliquez là-dessus…

Olivier : Absolument il y en a qui savent faire ça beaucoup mieux que moi. Moi c’est plus “Comment faire une présentation efficace” en s’attardant sur le contenu et sur le design.

Alexandre : Alors justement en parlant design, tu insistes beaucoup sur le côté graphique des diapos, et d’ailleurs quand on va sur ton site et qu’on regarde les slides, on se rends compte que tu les soignes beaucoup. Donc finalement est-ce que tu as quelques conseils à nous donner, nous qui ne sommes pas vraiment designers. Les petits conseils qui peuvent faire la différence pour créer une diapo personnalisée et bien illustrée pour communiquer le message.

Olivier : Tout d’abord merci pour le compliment sur mes présentations. Oui effectivement le design pour moi c’est vraiment un élément clé dans la réussite d’une bonne présentation. La première chose déjà c’est de ne pas confondre design et décoration.

On va avoir tendance à rajouter des logos, des cliparts, des lignes, tout un tas d’éléments qui finalement n’apportent pas grand chose à la présentation, qui au contraire brouille le message plus qu’autre chose. Moi la manière dont j’envisage le design, c’est vraiment d’arriver à ce que graphiquement les éléments qu’on met en place servent le message que l’on essaye de faire passer. Et pour ça moi j’ai une démarche, qui est un petit peu artisanale. C’est d’utiliser des typographies, des visuels, des manières de faire les transitions qui servent le message.

Par rapport à ça tout d’abord. Un petit conseil test pour se rendre compte si le design d’une diapo est bon ou pas, c’est de se dire est-ce que le message qui est sur la diapo est mémorisable en 3 secondes? C’est à dire si je suis un membre de l’auditoire et que je découvre la présentation, est-ce que je percute tout de suite ce dont il s’agit au niveau de la diapo.

Si ce n’est pas le cas, ça veut certainement dire qu’il y a beaucoup trop d’éléments sur la diapo. Donc simplifiez, simplifiez, simplifiez. Eliminez tout ce qui est parasite sur la diapositive. Par rapport à tout ce qui est typo : le choix des polices, ne pas hésiter à utiliser des tailles de caractères assez grandes. Plus c’est grand, plus ça se voit et plus ça a de chance d’être retenu.

Ne pas hésiter également à jouer avec les typographies, sans en abuser non plus. C’est vrai qu’il ne faut pas que ça parte dans tous les sens. Il faut quand même une cohérence dans le design de la présentation. Mais c’est vrai qu’aujourd’hui avec internet, et les logiciels, il y a des choix de typo qui sont assez intéressantes. Ca peut vraiment permettre de bien personnaliser une présentation. A utiliser avec discernement, c’est à dire si vous êtes un cabinet d’avocat, faudrait pas aller sur des typos de type destroy. C’est un petit peu une évidence, mais quand on voit le nombre de polices de caractère disponibles, on a tendance à abuser plus qu’autre chose. Un autre conseil, c’est de faire preuve de retenue dans les choix qu’on va faire pour mettre en forme sa présentation.

Un autre conseil dont on a déjà parlé auparavant, c’est les visuels. Aujourd’hui on a la chance avec internet d’avoir accès à des banques photo à prix modéré. Je pense à fotolia, je pense à istockfoto. Bon y’en a plein d’autres, j’en ai listé quelques-uns là dans le guide. Pour un coût dérisoire par rapport à ce qui pouvait être envisagé y’a encore quelques années, pour une trentaine d’euros ou une quarantaine d’euros, on peut se faire un petit stock de crédit photo et aller piocher dans ces banques photo pour agrémenter sa présentation. Et c’est des photos de qualité professionnelle. Tout de suite c’est le genre d’élément qui va permettre d’amener votre présentation à un niveau supérieur, finalement sans trop d’effort.

Un autre conseil qui n’est pas à proprement parler sur le design, mais qui peut servir quand même de fil conducteur et je crois que c’est très important, c’est dans sa présentation, d’arriver à raconter une histoire, ça je crois que c’est vraiment un point important. Une présentation, c’est pas simplement présenter des faits bruts. Si on veut être convainquant, si on veut que notre message soit mémorisé, il faut mettre ces informations en perspective. Et y’a rien de tel qu’une bonne histoire pour faciliter la mémorisation d’un message.

Ca peut être sans aller dans des choses extravagantes. Dans un cadre professionnel par exemple c’est dire : voilà on a eu tel problème, et comment est-ce qu’on a résolu ce problème. Et de l’organiser comme ça, tout de suite ça va susciter un peu plus de l’intérêt pour l’auditoire et il va en tout cas se sentir beaucoup plus impliqué que si on fait une présentation brute de chiffres, de diagrammes et compagnie. On a tous des images qui nous viennent en tête je pense par rapport à ça. Des choses où le contenu peut être très intéressant, mais comme l’information n’est pas sélectionnée, qu’elle n’est pas mise en perspective et qu’elle est laissée brute, finalement le public décroche très rapidement.

A mon avis une bonne présentation c’est aussi à la base une bonne histoire, en tout cas savoir raconter une bonne histoire, et je ne parle pas de faire des choses compliquées, mais trouver des bonnes articulations, rester simple dans les mots qu’on utilise sur sa présentation et en tant que présentateur.

Ca plus un bon design, je pense que ce sont les clés d’une bonne présentation.

Alexandre : Oui tout à fait le Storytelling, qui est d’ailleurs un concept tout à fait d’actualité. Il y a beaucoup de gens qui en parlent, dans la pub et un peu partout.

Pour nos auditeurs qui ont envie d’une présentation vraiment professionnelle, quelque chose de soigné. J’aimerais bien savoir comment ça se passe quand il y  a un client qui vient te demander prestation dans ton Studio. Quelle est ta méthodologie de travail. Est-ce que les clients viennent avec quelques slides et tu les améliores ? Ou est-ce qu’ils te donnent juste le script du discours et tu dois te débrouiller avec ? Quelle est ton approche ?

Olivier : C’est vrai qu’on a vraiment différents cas de figure. C’est au cas par cas. C’est à dire que je peux très bien avoir quelqu’un qui me contacte et qui a déjà une présentation Powerpoint et qui se rends compte que son contenu est bon mais que sa présentation n’est pas au niveau de son contenu. Par rapport à ça je peux être amené à faire du “relooking” de présentation. Donc là on travaille avec le client pour raconter une histoire : au delà des faits, comment faire pour les mettre en perspective et les rendre plus agréables pour le public ? Et puis également sur le design en tant que tel de la présentation.

Je peux également avoir le cas de figure de quelqu’un qui va m’envoyer un petit script très rapide. Donc là je vais devoir élaborer tout l’environnement graphique de la présentation. Alors toujours pareil : trouver l’histoire qui va permettre de bien faire passer le message.

J’ai eu également le cas, avec Mohamed du blog Semeunacte.com qu’une partie de tes lecteurs doit connaître, qui avait écrit son ebook et souhaitais en faire un petit teaser pour inviter ses lecteurs à le découvrir et à télécharger l’ebook. Il m’a donc envoyé son ouvrage, qui devait bien faire une soixantaine de pages. Et là à charge pour moi, à partir de tout ce contenu, d’extraire quelques idées un peu fortes – dans son livre ça en manquait pas – et à présenter cela de manière visuelle et d’arriver à trouver un petit fil conducteur, une histoire autour de ça. Et d’inciter les gens à découvrir son livre.

Donc effectivement on pourrait avoir tendance à se dire que le Studio, c’est une agence de graphisme, point barre. Finalement non. Tout d’abord des graphismes y’en a partout, et de beaucoup plus talentueux que moi. Mais le fait de :

  1. Faire cet effort d’élaguer son message et de trouver l’essence de ce message
  2. Trouver l’histoire qui va bien aller avec et rendre ça plus “sexy” à suivre pour l’auditoire

C’est aussi des compétences un peu particulières et que j’essaye de développer à travers le Studio.

Donc au niveau méthode de travail c’est vraiment du cas par cas avec les clients. Généralement on prends toujours un temps pour discuter au téléphone ensemble et voir un petit peu ce qu’ils attendent de la présentation. Car il y a ce qu’on veut de la présentation et aussi les objectifs sous-entendus de la présentation.

Comme disait de Gaulle : “dans la vie il faut être en accord avec ses arrière pensées”. Des fois dans une présentation il y a la partie émergée de l’Iceberg, mais y’a surtout toute la partie immergée et tout le background qu’il peut y avoir derrière un powerpoint. C’est intéressant de discuter de ça avec le client. On peut faire une présentation pour présenter une étude. Mais derrière ce n’est pas que ça, si je prends l’exemple d’un cabinet de consultants, on veut aussi présenter son expertise sur tel domaine, etc. C’est intéressant de comprendre ces enjeux là pour bien répondre aux attentes du client.

Alexandre : Est-ce que de temps en temps quand tu vas voir un client, ils vont t’imposer une charte graphique, quelque chose à mettre autour de la diapo. Comment tu réagis par rapport à ça ?

Olivier : lol, mon activité a été lancée cette année donc j’en suis encore au démarrage. Tout le monde ne va pas forcément faire appel à moi. Parce que y’a des gens, ça va vraiment leur passer au dessus de la tête, l’idée de se dire qu’il faut faire des présentations efficaces, que ça peut apporter quelque chose. Ca je le comprends aussi mais les gens qui font appel à moi ce sont des gens qui ont déjà compris qu’ils n’ont pas la compétence pour traiter l’aspect design, pour trouver la bonne histoire qui va bien aller, trouver les transitions qui vont bien aller. Donc c’est des gens qui sont déjà réceptifs à ce qu’on bouge un peu les lignes.

Bien entendu y’en a qui vont avoir des contraintes liées à la charte graphique de leur entreprise. Moi je ne vais pas leur dire “ben non je le fais pas”. Je comprends ces contraintes là. Après c’est intéressant de discuter avec le client et lui dire : est-ce que le logo qui va prendre un cinquième de la diapo, et qu’on va retrouver dans toutes les diapos, est vraiment utile ? Est-ce que le fait de l’avoir simplement en couverture et en fin de présentation n’est pas suffisant ?

Parce que tout l’espace qu’on va utiliser finalement pour dire que c’est telle boite, telle collectivité, qui fait la présentation, c’est de l’espace qu’on perd pour faire passer son message. Et moi je trouve ça un peu dommage, même si je comprends qu’on fait pas toujours ce qu’on veut. Mais j’ai cette chance que les gens qui font appel à moi sont déjà passé à un stade un peu supérieur par rapport à ça.

Alexandre : Des gens qui sont un peu moins conservateur que la moyenne on va dire…

Olivier : En tout cas ceux avec qui j’ai travaillé jusque là oui.

Alexandre : … ou alors tu as eu de la chance ?

Olivier : Je ne pense pas que c’est une question de chance.

Alexandre : Peut-être que ça évolue un peu dans les mentalités.

Olivier : Voilà les gens qui font appel à moi sont déjà sensibilisés à ça et ça nous fait déjà une bonne base de départ pour travailler sur les besoins de leurs présentations.

Alexandre : On a traité pas mal de sujet dans ces quelques questions. Vu qu’on parle de simplicité, on va essayer de finir en synthétisant tout ce qu’on a dit. Quels sont d’après toi, si on devait vraiment mémoriser la moelle substantifique, les plus grosses fautes que commettent tes clients, ainsi que le top des meilleurs conseils pour y remédier et faire de meilleurs slides ?

Olivier : Pour moi, les plus grosses erreurs que l’on peut faire et qui finalement handicapent vraiment une bonne présentation. Pour moi il y en a vraiment deux grosses qui conditionnent un peu tout le reste.

La première erreur, c’est de vouloir être exhaustif. C’est à dire de vouloir vraiment tout dire dans sa présentation, de surcharger ses diapos avec énormément d’information qui au final vont plus déservir le message plutôt qu’autre chose. Il y a des gens qui ont tendance à vouloir rentrer dans le détail du détail du détail. Mais au final c’est complètement contre-productif, puisqu’on perd plus notre auditoire qu’autre chose.

Donc moins=plus. C’est d’autant plus vrai en matière de communication. Arrêtez de vouloir être exhaustif. Au contraire moi j’aurais plutôt tendance à dire : dites-en moins, dites-le mieux, et si ce que vous dites est bien dit et est intéressant, les gens dans votre auditoire vous poseront des questions par rapport aux choses que vous n’auriez pas abordées. Et je trouve que c’est une manière beaucoup plus sympa d’aborder une présentation. Ca permet de créer une connexion plus facile avec le public, d’échanger, plutôt que de balancer un pudding de listes à puce et de diapos où c’est l’indigestion assurée, où les gens vont décrocher en cours de route et s’endormir. Il faut plutôt miser sur un peu de légèreté et de retenue. Je crois que c’est beaucoup plus efficace.

La deuxième grosse erreur, et ça c’est un travers qu’on a tous, c’est qu’on a parfois du mal à se mettre à la place de son auditoire. Pour reprendre le livre dont je parlais, ces idées qui collent, c’est ce que les auteurs du livre appellent la malédiction du savoir. C’est à dire qu’il nous est très difficile de nous mettre à la place de celui qui ne sait pas.

C’est vrai que pour expliquer des concept et d’autant plus pour des concepts, il faut se mettre dans la tête de son public. En gros, une fois que vous aurez annoncé votre message clé, quelles vont être les 3 grandes questions que vont se poser les gens dans votre public ? Et si vous arrivez déjà à répondre à ces trois questions-là, le pari il est gagné. Généralement c’est : Pourquoi ? Comment ? Quel est mon intérêt ? Qu’est-ce que j’ai à y gagner ? Qu’est-ce que j’ai à y perdre ? Pourquoi est-ce que cette idée là est intéressante ? Donc se mettre à la place de son auditoire je crois que c’est un point clé. Et c’est généralement une des “fautes” que l’on retrouve le plus, puisqu’on veut faire passer son information, mais on oublie que ce qui compte c’est les gens qui sont dans la salle et c’est pas forcément nous.

Par rapport aux conseils qu’on pourrait donner, j’aurais tendance à reprendre l’idée de mettre des visuels forts, dans vos présentations. Un autre conseil de lecture, c’est le livre de John Médina, qui s’appelle Brain Rules, la traduction française est sortie récemment, ça s’appelle Les lois du cerveau. Dans ce livre il dit que le sens visuel domine tous les autres sens. D’où l’importance de jouer avec ça. “Une image vaut mille mots”, on connaît tous l’expression mais il faut vraiment se servir de ce fait là pour pouvoir faire des présentations beaucoup plus convaincantes.

La deuxième chose, c’est d’être le plus simple possible, de rendre son langage le plus accessible possible, les mots qu’on utilise : éviter le jargon. Que ce soit dans le domaine du marketing, de l’informatique, de toutes les professions, on a tous notre langage technique. Si vous parlez entre techniciens ou experts, très bien. Mais si vous parlez à un public plus large, qui n’a pas forcément les connaissances et où votre job est de faire passer ces connaissances un peu techniques, ne commencez pas avec du jargon que vous êtes le seul à comprendre. Parce que là vous allez perdre tout le monde d’entrée de jeu.

S’il fallait résumer, je prendrai un petit acronyme pour les gens en France. Je ne sais pas si pour toi à l’Ile Maurice ça passe. Mais sur Canal+ y’a le service après vente des émissions d’Omar et Fred. Eh bien voilà, appuyez-vous sur ces trois lettre : S.A.V. C’est à dire : S pour simple, A pour accessible, et V pour visuel. Si vous arrivez à faire une présentation qui concentre ces trois mots clé, y’a de fortes chances que vous ayez une conversation qui soit convaincante et percutante pour votre public.

Alexandre : Ok, c’est noté : S. A. V. c’est simple et facilement mémorisable. Je te remercie pour ce retour d’expérience et ces nombreux conseils.

Olivier : C’est moi qui te remercie pour le temps que tu as bien voulu m’accorder pour cette interview et de faire une petite promotion pour simpleslide.

Alexandre : Pour finir, je vous invite tous à découvrir le site simpleslide où vous pourrez voir concrètement ce dont on a parlé dans cette interview. Et si vous avez besoin d’une petite ou d’une grosse présentation pour votre entreprise, qui soit simple, efficace, qui aille directement à l’essentiel afin de faire passer vos messages à vos interlocuteurs, je vous conseille d’aller faire un petit toc-toc chez Olivier et de lui demander conseil. Merci encore Olivier, je te dis à plus tard !

Olivier : Merci à bientôt

11 commentaires sur l'article “Interview d’Olivier de Simple Slide sur les présentations powerpoint efficaces

  1. Jérôme

    Super interview ! J’ai appris beaucoup de choses et me rends compte de mes lacunes en matière de présentations PPT (alors que j’en fait beaucoup et depuis longtemps).
    Du coup, guide gratuit téléchargé 😉
    Merci beaucoup à vous deux.
    Une petite question cependant : que pensez-vous des animations sur un PPT ? J’en ai souvent recours pour dynamiser mais est-ce vraiment pertinent ?

  2. Jérôme

    J’ai du mal a maitriser PPT, je prefere keynote sous mac, mais les conseils sont tout de meme valables !
    Merci pour l’inteview

  3. Jeremie

    Je vais faire mes premiers ppt dans peu de temps et je pense être maintenant armé pour éviter les plus grosses bêtises !

  4. Livret A

    Merci pour cette interview, d’ailleurs, je trouve que les présentations PPT d’Olivier sont très bien faîtes, faudrait que je m’en inspire pour mes propres projets universitaires.

  5. patricia

    merci pour cet long article et merci aussi pour l’interview c’est vraiment impressionnant. je prefere ecouter que de lire pour preserver mes yeux

    grand effort à louer

  6. Philippe

    Interview très intéressant, merci !

    Pour fréquenter assidument un club toastmaster parisien (http://www.lutece75.org), je suis convaincu que l’usage de supports visuels et de powerpoint n’est absolument pas nécessaire pour faire un bon discours ou pour faire passer un message. 9 fois sur 10 , il s’agit d’une béquille pour le présentateur qui n’a simplement pas assez préparé ou n’a pas les idées assez claires pour faire un discours sans support. Mais, si le sujet rend nécessaire des supports visuels, les conseils donnés par Olivier sont très pertinents.

    Et puisque nous évoquons toastmasters, je ne résiste pas à l’envie de partager avec vous une vidéo youtube d’un discours sur « l’art de rater sa prise de parole » – présenté lors de la finale européenne des concours de discours humoristiques en anglais. Les « anti-conseils » qui y sont donnés sont valables, que l’on utilise Powerpoint ou pas .

    http://chiasmes.com/2010/11/dilemme-oratoire-public-speaking-dilemna.html

  7. JPop

    Woow super interview! J’ai vraiment appris beaucoup sur les PPT, je vais appliquer ces nouveaux acquis pour mes projets futurs. Merci pour le partage 😀

  8. olivier

    Merci à tous pour vos commentaires (et bravo d’avoir écouté jusqu’au bout ;-).
    un merci spécial à Alexandre pour cette proposition d’interview et l’effort de mise en valeur de ce contenu.

    @Jérôme : Pour les transitions, je dois avouer qu’au début j’étais contre. C’était souvent de la poudre aux yeux et n’apportait rien au message. J’ai bien évolué sur la question en voyant le travail de Nancy Duarte (une spécialiste en PowerPoint) qui utilise des transitions qui permettent d’apporter de la fluidité au message. http://www.duarte.com/work/eat-food-not-too-much-mostly-plants/

  9. Pingback: Meilleurs voeux 2011

  10. Immobilier-danger

    Merci pour cette longue interview. J’apprécie beaucoup le travail d’Olivier qui fait toujours de très belles présentations, c’est donc un plaisir d’en apprendre plus pour progresser dans ce domaine.

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