Efficacité extrême : comment suivre deux licences universitaires en même temps ?

Aujourd’hui j’ai le plaisir d’accueillir Christopher du blog speedevelopment.com, un blogueur d’une efficacité redoutable, comme vous allez le voir dans cet article…

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L’année dernière j’ai terminé une période de vie plutôt chargée :

  • 1 licence en composition et direction d’orchestre.
  • 1 licence en économie et management.
  • Environ 12h de travail par semaine en tant que professeur de piano.

J’ai terminé mes deux licences avec mention et ma réputation comme professeur de piano m’aurait permis d’arrêter mes études et de bien vivre de ce travail.

À côté de ça, j’avais et j’ai toujours une copine que je vois tous les jours, j’ai appris la salsa, j’ai appris à cuisiner, j’ai appris la plongée sous-marine et pu plonger avec les requins en Thaïlande. J’ai expérimenté le sommeil polyphasique. J’ai lu des centaines de livres et j’ai fait au moins 3 fois par semaine du sport.

J’ai longtemps hésité à parler de ma vie ainsi, car j’ai l’impression de faire du « show off » à l’américaine. Mon côté suisse me pousse à la pudeur. Et surtout, j’ai tendance à regarder en haut et admirer des personnes qui ont fait bien plus que moi.

Mais voilà, beaucoup de personnes m’ont demandé comment j’avais réussi à achever cette masse de travail et au lieu de donner des conseils sur la gestion du temps que j’ai lu dans divers livres, j’ai envie cette fois-ci de raconter mon vécu.

Avant toutes choses, je tiens à préciser que mon parcours n’est pas olympique ni unique. Je suis tout à fait conscient que de nombreuses personnes ont fait autant et probablement bien plus que moi.

J’expose alors mon vécu et les techniques que j’ai développés par rapport à mon propre défi, je suis incapable de dire si ma méthode et transposable pour une vie encore plus remplie.

On casse le mythe

Non, je ne suis pas une personne ayant des compétences hors du commun. Je sais que de nombreuses personnes vont avancer ça juste pour se donner l’excuse qu’elles, ne peuvent se bouger les fesses.

  • Oui, j’ai dû me lever tôt.
  • Oui, j’ai dû travailler plus que les autres.
  • Oui, j’avais certaines fois envie de tout abandonner.

Alors, par pitié (j’aime le drame 😉 ), ne lisez pas ce texte en vous disant « oui, mais… » :

  • Oui, mais je suis trop vieux.
  • Oui, mais je suis trop malade.
  • Oui, mais maintenant c’est trop tard.
  • Oui, mais je suis mauvais, pas assez intelligent.
  • Oui, mais…

Si vous lisez ce texte, c’est que vous avez réellement l’intention d’accomplir plus (en tout cas un peu plus dans mon cas) que la moyenne.

Le pourquoi

On arrive justement au premier point : savoir pourquoi l’on fait tout cela.

Pour ma part, j’avais déjà fait un diplôme de piano et j’avais toujours été fasciné par la direction d’orchestre ainsi qu’une pièce musicale bien écrite. J’ai décidé alors d’approfondir ma connaissance du sujet.

D’un autre côté, je voulais une compréhension plus intime de la société qui nous entoure et je ne voulais justement pas être le musicien isolé du monde dans sa bulle d’abstraction. Beaucoup de gens ont cru que je faisais des études en économie simplement pour la sécurité financière. C’est faux. Si cela avait été le cas, je n’aurais jamais eu la motivation de faire ce double cursus.

Mon travail à côté avait une motivation plus pécuniaire. Cependant, il était le moyen de soutenir mes deux autres objectifs. Ainsi, sans avoir une réelle source de motivation autonome, mon travail en tant que professeur de piano était alimenté par la double motivation de mon double cursus.

Ne jamais croire que l’on fait plus que les autres

C’est aussi une raison pour laquelle je n’ai pas écrit sur ce sujet depuis maintenant : je me forçais à ne jamais penser que je faisais plus que les autres.

Pourquoi ?

C’est très simple. Certaines semaines, il m’arrivait d’accomplir des journées atteignant les 15h de travail.

Si à un seul moment, je me permettais de penser que je travaillais beaucoup plus que les autres, le week-end ou encore la semaine suivante, j’étais tenté de « me reposer » (ou plutôt de ne rien faire et prendre du retard).

Si l’on décide de prendre une charge de travail supplémentaire, c’est notre choix et jamais, nous ne devons nous comparer aux autres.

Concrètement, il faut être absolument intransigeant avec soi-même. Ne jamais sauter un examen, ne jamais accepter de ne pas avoir assez étudié et faire très attention à ce fameux « tant pis si je le loupe, je me rattraperai à la prochaine session ».

Je n’ai jamais raté ni déplacé un examen. Ainsi, je n’ai laissé aucune brèche au barrage qu’était ma motivation. Reposez-vous ne serait-ce qu’un instant et tout votre travail peut partir en miettes.

Ne laisser rien à l’improvisation et apprendre l’art de la dissociation mentale

Il est nécessaire d’avoir un emploi du temps extrêmement strict.

J’avais ainsi des plages horaires précises pour composer et d’autres pour faire mes exercices de maths.

Étant donné que j’apprenais deux disciplines totalement différentes, il était nécessaire de parfaitement les distinguer. Le matin était consacré à l’économie et à ses exercices plus techniques, l’après-midi à la pratique de la musique ainsi qu’à mon travail, le soir à la composition, à ma copine et aux autres activités.

Inutile de dire que durant ces 3 ans, je n’ai pas pu développer un grand nombre de nouvelles amitiés. Un emploi du temps trop structuré et chargé nous empêchera de passer l’après-midi à l’improviste avec un ami que l’on a croisé sur le chemin.

Levez-vous tôt… et n’aimez plus dormir

Malheureusement, l’on a beau avoir un joli emploi du temps tout propre et bien détaillé, il y a certains imprévus qui ne peuvent être anticipés.

Mes pires imprévus ont été dans le milieu de la musique (les musiciens ne sont pas les personnes les plus fiables et organisées du monde…).

Certaines fois, lors des répétitions le jour avant le concert, des musiciens ne venaient pas, d’autres avaient oublié leurs partitions, d’autres encore étaient trop pompettes pour suivre la partition…

Mais le plus souvent, c’était des problèmes techniques liés à l’électronique de mes pièces (si vous voulez un aperçu de l’enfer, essayez de faire un concert avec un ensemble et plusieurs patchs Max MSP).

Bref, ces imprévus doublaient voire triplaient le temps prévu pour cette activité. Ainsi, j’accumulais un gros retard et il m’arrivait de rentrer chez moi après minuit incapable de faire autre chose que de dormir.

La seule solution que j’ai trouvée pour éviter les nuits blanches à répétition, c’était de me lever très tôt (5h ou 6h). Dans cette période où vous êtes encore chez vous, vous avez le parfait contrôle sur votre emploi du temps. Souvent, avant 8h ou 9h vous n’aurez absolument aucun imprévu.

Profitez de cette période de calme pour faire toutes les tâches les plus importantes de la journée. Ainsi, même si après 9h, votre journée n’est qu’un bain d’imprévus les plus effroyables les uns que les autres, vous aurez au moins fait le plus important.

Le reste pourra être rattrapé le week-end (ah oui, dîtes fin au week-end grasse mat’ 😉 ), ou encore être divisé en petites sessions la prochaine semaine.

Avoir une hygiène de vie parfaite

Vous allez faire subir de nombreuses épreuves à votre corps : stress, peu de sommeil, fatigue, concentration intense, etc.

Votre cerveau devra pourtant être au maximum de sa forme pour vous permettre d’assimiler un maximum de connaissances le plus rapidement possible.

Vous devez ainsi éliminer toutes les sources de faiblesses :

  • Alcool
  • Fumée
  • Malbouffe

Cela peut vous paraître un détail, mais ça ne l’est pas. Vous ne pouvez pas espérer faire plus que la moyenne en vous comportant comme la moyenne.

Vous avez le même objectif ?

La tâche demande en effet beaucoup de motivation et de persévérance. Selon moi, si vous avez le « pourquoi », vous aurez l’énergie demandée pour le faire.

J’ai beaucoup apprécié cette expérience qui m’a beaucoup appris sur moi-même. Je ne désire cependant pas avoir une vie qui soit le reflet de cette période.

Si vous me lisez et que vous avez aussi cet objectif, je vous invite à faire les choses suivantes :

  • De vous demander quelles sont vos motivations. Sont-elles suffisantes pour vous donner assez de force ces prochaines années ?
  • Lire de nombreux bouquins sur la gestion du temps (ce blog aussi :) ).
  • S’entraîner à vous lever tôt et être efficace directement.
  • Améliorer son hygiène de vie avant de commencer la période chargée.
  • Observer les étudiants les plus productifs et les imiter.
  • Observer les étudiants les plus mauvais et faire exactement l’inverse.

Voilà ce qui est de mon expérience.

Et vous, comment faites-vous pour surmonter une période chargée ?

Auteur : Christopher Lieberherr

Étudiant en management, compositeur et professeur de piano, Christopher est un passionné du développement personnel qui aime aborder cette discipline avec un regard nouveau et critique. Dans son blog, il partage ses multiples expériences visant la constante amélioration de soi comme, par exemple, la douche froide ou le sommeil polyphasique.

10 commentaires sur l'article “Efficacité extrême : comment suivre deux licences universitaires en même temps ?

  1. Christopher L

    Merci beaucoup Alexandre de m’avoir donné l’opportunité d’écrire sur ton super blog :)

    A bientôt !

    Christopher

    1. bernard

      Merci Christopher ! C’est excellent et je suis intéressé à suivre sur le net tout blog/ site sur le réseau que tu pourrais écrire
      bernard /bangkok

      1. Christopher L

        Merci Bernard, cela me motive alors à créer le meilleur contenu possible :)

        A bientôt,

        Christopher

  2. K. Ezechiel OUEDRAOGO

    Merci Christopher et Alexandre.
    Christopher merci pour la simplicité et la franchise avec lesquelles tu parles de choses aussi importantes pour les mettre ainsi à la portée de tous. Merci surtout d’avoir expliqué que c’est une méthode pour un temps donné et pour un objectif clairement défini. Car je crois vraiment comme tu l’as si bien précisé que l’on manque souvent le « comment faire » et l’énergie nécessaire parce que nous n’avons pas un « pourquoi »clairement défini.

  3. Christopher L

    Merci à toi pour ton commentaire.

    En effet, selon moi, le « pourquoi » doit venir avant le « comment ».

    A très bientôt,

    Christopher

  4. Elodie

    Merci Christopher et Alexandre,

    C’est bien agréable de constater que ce que j’ai parfois fait, est si clairement expliqué et mis en perspective par Christopher. Je partage particulièrement le fait qu’il ne faut jamais se comparer aux autres car si on fait un choix de vie, c’est pour nous et que nous aimerions en aucune façon la vie d’un autre… Et que si on connait le pourquoi de notre décision, le reste s’enchaine alors plus naturellement, à condition bien sûr d’avoir la méthode préconisée par Christopher…
    Pour ma part, je crois que j’ai mis en place cette discipline quand mes 3 enfants étaient petits (moins de 10 ans les 3) car j’ai plus travaillé quand j’ai eu 2 enfants qu’un, plus encore quand j’en ai eu 3 que 2. J’avais pleinement conscience que je n’étais pas dans la norme car en France, les femmes ont tendance à réduire leur temps de travail au fur et à mesure qu’elles ont des enfants. Moi je travaillais de plus en plus sur des emplois plus prenants et à responsabilité, donc j’ai dû confirmer que c’était mon choix de vie, qu’il ne servait à rien de me comparer et qu’il fallait que je mette en place une discipline de fer. La bonne nouvelle étant : une fois qu’on la fait une fois, on sait qu’on pourra repasser sur ce mode en cas de besoin.

    Voilà, maintenant, je vais aller faire un tour sur le blog de Christopher.

    Elodie de votrepotentiel-femmes.com

  5. Christopher L

    Bonjour Elodie,

    « La bonne nouvelle étant : une fois qu’on la fait une fois, on sait qu’on pourra repasser sur ce mode en cas de besoin. »

    Tout à fait, avoir la conviction que nous pouvons le refaire est selon moi un bien très précieux.

    Merci pour votre commentaire et votre partage !

    A très bientôt,

    Christopher

  6. Pascal Y

    Bonjour Christopher ! Je voudrais commencer une seconde licence de sciences (j’hésite encore entre biologie et physique principalement) en parallèle de ma licence de sciences économiques, et je voulais savoir quels livres tu as lu pour t’aider dans la gestion du temps, et si tu serais enclin à laisser un moyen de te contacter pour t’en parler après avoir lu ces livres (j’apprécie discuter avec la personne qui m’a conseillé un livre, de manière à approfondir ma réflexion autour d’une lecture)

  7. Pingback: C. Lieberherr Ou Les Clés De L'efficacité. | HORIZOOM

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