Comment se concentrer lorsqu’on mène plusieurs projets à la fois ?

Par | 21 mars 2014

PS : lorsque je parle de l’effet Zergniak dans cette vidéo, il s’agit en fait de l’effet Zeigarnik, bien connu en psychologie

Transcription de la vidéo :

Bonjour et bienvenue dans cette nouvelle tranche d’efficacité.

Aujourd’hui je vous emmène à l’Ile Rodrigues, une petite île à l’Est de l’Ile Maurice.

Comme vous le voyez, la météo n’est pas si bonne que prévue. C’est un peu le déluge ici actuellement. Mais j’avais promis de faire une vidéo à l’Ile Rodrigues Donc la voici.

Je passe donc quelques jours de repos à l’Ile Rodrigues, malgré la météo, et la notion de repos va être importante dans cette vidéo, comme vous allez le constater.

Le titre de cette vidéo est : Comment se concentrer lorsqu’on mène plusieurs projets à la fois ?

Vous êtes nombreux parmi les lecteurs de C’éclair à avoir plusieurs activités en dehors de votre activité professionnelle.

Certains d’entre vous, lorsqu’ils quittent le travail, changent de casquette. Certains mettent leur casquette d’étudiant :  ils suivent des cours à distance,  en présentiel ou une formation en mode autodidacte. D’autres mettent leur casquette de blogueur, d’écrivain, ou encore d’autoentrepreneur.

Et avec autant de projets, parfois c’est la confusion entre les projets. On a du mal à les compartimenter et à se concentrer sur un seul projet à la fois.

L’effet Zeigarnik

Je vous donne un exemple très simple : admettons que vous ayez décidé d’écrire un roman en dehors de votre activité professionnelle, et que vous écriviez chaque jour 2 pages de plus du roman, le matin avant d’aller au travail.

Il se peut que certains jours, lorsque vous arrivez au travail, vous avez encore toute l’histoire des personnages de votre roman qui évoluent encore dans votre tête. Et du coup vous avez du mal à vous concentrer sur votre activité professionnelle.

Ca, c’est un phénomène très connu en psychologie, qu’on appelle l’effet Zeigarnik : le fait lorsqu’on a une tâche inachevée et qu’on continue sur une autre tâche, d’avoir toujours à l’esprit quelques bribes de la tâche précédente, qui reste dans notre esprit et nous empêche de nous concentrer convenablement sur le projet dans lequel on a basculé.

J’ai réfléchi pendant longtemps à cette problématique, puisque moi-même je suis confronté à ce genre de problème, ayant aussi pas mal de projets personnels en cours.

Le plan d’action

Et j’ai abouti à un plan d’action que je vais vous expliquer.

1. Trouver l’état de repos

La première étape est d’identifier l’état de repos dans le projet sur lequel vous êtes en train de travailler, où vous allez couper pour enchainer sur le projet suivant.

Il faut savoir qu’un projet n’est rien d’autre qu’une succession de problèmes à résoudre pour arriver à la fin du grand problème que constitue le projet.

Et ça ressemble un peu à des vagues :

Lorsqu’on commence à résoudre un problème, on a une certaine tension, une tension créatrice qui nous permet de progresser sur le projet, c’est un certain état d’excitation.

Au fur et à mesure qu’on travaille sur le problème, l’excitation augmente parce qu’on a hâte de résoudre le problème. Et une fois qu’on est en bonne voie de résoudre le problème, la tension va commencer à descendre jusqu’à ce qu’on l’ait complètement résolu.

Et ça va continuer sur le deuxième problème, on va avoir à nouveau une pente montante, où la tension va augmenter puis elle va encore décliner lorsqu’on sera en voie de résoudre le problème. Et ainsi de suite pour le troisième, quatrième et cinquième problème.

Par contre si on est interrompu au sommet d’une vague, l’effet Zeigarnik sera à son paroxisme parce qu’on sera extrêmement tendu : dans un état de surexcitation.

Et lorsqu’on va quitter ce premier projet pour basculer sur le deuxième projet, c’est comme si on avait devant les yeux un gros gâteau au chocolat, qui disparaissait tout d’un coup.

On reste vraiment sur notre faim, et pendant tout le deuxième projet, on va penser en quelque sorte à ce gros gâteau au chocolat qu’on n’a pas réussi à manger. Et on n’arrivera pas à se concentrer.

Donc c’est vraiment important d’identifier l’état de repos sur lequel vous allez pouvoir couper l’exécution de votre projet pour passer au projet suivant, afin d’atténuer l’effet Zeigarnik.

2. Stocker le contexte du problème en cours

La deuxième étape est de stocker le contexte du problème que vous êtes en train de résoudre.

Lorsqu’on travaille sur un problème, on va avoir plusieurs indices qui vont nous mettre sur la voie pour résoudre ce problème.

Mais si l’on est interrompu et que l’on passe tout d’un coup à un autre projet, on va avoir dans notre mémoire tous ces indices, parcequ’il faut absolument les garder en mémoire, sinon on va recommencer à partir de zéro lorsqu’on va rebasculer sur le projet qui a été interrompu.

Ce qu’on va faire, c’est donc noter le contexte du problème qu’on a quitté : noter un à un sur une feuille de papier, tous les indices qui vont vous permettre de résoudre le problème une fois que vous serez revenu sur ce problème.

Et cela va libérer votre puissance de concentration sur le prochain projet que vous allez exécuter.

3. Faire une coupure

Ensuite la troisième étape est de faire une coupure, une coupure physique entre votre premier projet et votre deuxième projet.

Pour cela, vous allez sortir de votre environnement de travail. Vous prenez une pause : vous allez voir le ciel bleu (malheureusement, aujourd’hui, il n’y a pas beaucoup de ciel bleu).

Vous pouvez aller vous laver les mains, prendre une douche, faire une siestes, de la méditation, vous relaxer, ou encore mieux si vous avez le luxe : passer toute une nuit entre votre projet et votre prochain projet.

C’est un peu comme quand on redémarre un ordinateur. Quand vous redémarrez un ordinateur, la mémoire est complètement vidée, et ça accélère considérablement les opérations.

Là, c’est un peu pareil, vous aurez l’esprit complètement vidé de toutes ces pensées parasites. Et lorsque vous allez continuer sur le prochain projet, vous allez réussir à beaucoup mieux vous concentrer.

Etape subsidiaire : planifier

Il existe encore une étape supplémentaire, à faire avant même ces trois étapes, qui est l’étape de planification.

Parce que évidemment, quand on est dans un mode d’urgence, on aura beaucoup plus de mal à se concentrer sur un projet.

Je vous donne un exemple : prenons quelqu’un qui met sa casquette d’étudiant, et qui le matin révise une certification ou un examen à passer le soir-même, et qui tout d’un coup doit passer à son activité professionnelle.

S’il s’y est pris à la dernière minute, et qu’il commence à réviser juste le matin de sa certification, ça va être intenable parce que pendant toute sa journée au travail, il va se dire qu’il n’a pas suffisamment appris et qu’il va se prendre une mauvaise note sur sa certification.

Donc ça va être terrible pour sa concentration au niveau de son activité professionnelle.

Alors que si vous avez bien planifié à l’avance vos séances de révision, vous pourrez à chaque fois couper l’exécution de votre projet dans un état de repos et aller tranquillement au travail sans avoir toute cette charge émotionnelle dûe au projet que vous avez quitté.

Comme vous le voyez, c’est vraiment le déluge derrière moi, donc je vais vous quitter sur cette image de l’Ile Rodrigues, une petite île à 600km à l’est de l’Ile Maurice où il fait vraiment pas beau aujourd’hui.

Mais je vous conseille vraiment de la visiter quand même parce que la plupart du temps, il y a vraiment un beau ciel bleu, et c’est une île paradisiaque.

Allez je vous quitte là-dessus. Merci. Au revoir.

Et à la semaine prochaine !

Auteur : Alexandre Philippe

Alexandre Philippe est le fondateur du blog C'éclair. Constamment en quête de nouvelles méthodes d'organisation, de motivation et d'apprentissage, il délivre ses éclairs d'efficacité chaque semaine sur ce blog.

3 commentaires sur l'article “Comment se concentrer lorsqu’on mène plusieurs projets à la fois ?

  1. lamya

    On peut aussi recommander l excellent livre de brian Tracy « avalez le crapaus » qui explique comment eviter la procrastination et etre plus productif.

  2. OTPM

    Bon article!
    avant d’accomplir quelque chose, il faut bien gérer son temps, c’est une bonne méthode de planification et qui permet de gagner en efficacité et en productivité.

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