Comment réagir à l’adversité

Par | 22 juillet 2016

Je viens de publier le deuxième épisode du Podcast Tranches d’efficacité, que vous pourrez retrouver sur SoundCloud ici :

Ecouter l’épisode 2 du podcast « Tranches d’efficacité »

Voici l’adaptation textuelle de ce deuxième épisode :

Bonjour et bienvenue dans cette nouvelle tranche d’efficacité !

Aujourd’hui, ça se passe la nuit. À minuit vingt-huit exactement, je me réveille avec une douleur fantomatique à l’arrière de mon œil droit.

Du coup j’allume ma lampe de chevet. Et je me dis : "C’est pas vrai !".

Je ne veux pas y croire. Pourtant je ne peux pas me bercer d’illusions. Car cela me rappelle de lointains souvenirs.

Dix minutes plus tard, mes craintes sont confirmées. Je commence à m’agiter. J’ai impression qu’un diablotin enfonce un pic à glace à l’arrière de mon œil droit et je me tord de douleur.

J’essaie de compenser cette douleur par les moyens du bord :

  • Je met ma tête dans une bassine d’eau glacée dans le vain espoir d’anesthésier la partie droite de mon cerveau.
  • Je me masse la nuque.
  • Je tente de penser à autre chose.

Mais rien n’y fait : je suis obligé d’encaisser cette douleur atroce et tout ça dure de manière infinie pour moi. J’ai l’impression que ça ne va jamais s’arrêter.

Heureusement, le petit diablotin commence à se lasser et desserre lentement son étreinte.

La douleur commence à s’atténuer jusqu’à s’évanouir complètement. Et là, je vous laisse imaginer comment je saute de joie !

C’est un grand sentiment de délivrance qui s’empare de moi. Et je m’endors à nouveau avec un grand sourire sur le visage.

Mais ça ne s’arrête pas là. Car ce n’est que la première bataille d’un long combat qui va durer environ deux semaines.

C’est une maladie qu’on appelle en anglais "cluster headache", ce qui veut dire "maux de tête en grappe".

Les crises consistent en des maux de tête très intenses éparpillés dans la journée.

C’est une maladie rare qu’on appelle aussi en français "Algie Vasculaire de la Face" et qui touche environ une personne sur mille.

Pour moi, les crises ne durent que deux semaines, qui se répètent tous les 3/4 ans. Et je m’estime heureux parce que pour certaines personnes, eh bien ça dure tous les jours et ça ne s’arrête jamais.

Alors pourquoi est-ce que je vous raconte tout ça ?

Certainement pas pour me plaindre, mais plutôt pour vous parler d’adversité.

Déjà je vous rassure : j’ai trouvé des médicaments qui permettent de me soulager.

Ces médicaments, je ne les ai pas forcément pendant la première crise.Du coup ça m’embête toujours un petit peu. Et spécialement en ce moment parce que certains de ces médicaments ne sont pas disponibles, ils sont en rupture de stock à l’île Maurice (où je réside) parce qu’ils sont un peu rares.

Mais j’arrive toujours, même si je n’ai pas de médicament, à trouver des points positifs à cette maladie.

Et je suis convaincu qu’on peut trouver des points positifs à n’importe quelle adversité.

C’est peut-être terrible ce que je vais dire, mais même quelque chose d’aussi monstrueux que la Shoah a des points positifs.

Pourquoi ? Parce que les images de la Shoah sont montrées à des écoliers.

On sait maintenant quel est le niveau de cruauté que peuvent atteindre les hommes. Et cela nous a appris à nous méfier par exemple des mouvements d’extrême droite.

Pareil avec l’incident de Nice. Encore une fois, c’est peut-être terrible ce que je vais dire. Mais je suis sûr qu’on va pouvoir trouver des points positifs à cet incident.

Ne serait-ce que le fait de constater la fraternité entre les Français, qui se ressoudent, on le voit avec le drapeau français, qui est à nouveau en vogue.

On sait que les nations étrangères nous accordent toute leur sympathie. Certainement aussi que ça va renforcer les services de sécurité.

Du coup, il n’y a pas uniquement des points négatifs là-dessus.

Pour cette maladie c’est un peu pareil. En réaction à cette maladie, je suis plus heureux de vivre au jour le jour, parce que je sais que ça serait terrible de ressentir à nouveau ces maux de tête.

Du coup, c’est devenu un outil.

Imaginez la première fois où ça m’est arrivé. Je devais avoir à peu près 19/20 ans. Je savais pas du tout ce que c’était. Je savais même pas quel était le nom de cette maladie ou même qu’elle existait.

Et donc à chaque fois que cette maladie arrivait et qu’une crise se terminait, eh bien je célébrais ça.

C’était un sentiment de délivrance incroyable. Et imaginez surtout au bout de deux semaines quand ça s’est arrêté.

Du coup, je savais que cette maladie n’allait pas continuer tout le reste de ma vie.

C’était une joie immense et je célébrais chaque jour ma vie de la manière la plus intense.

Je sais que certaines personnes n’ont pas "la chance" d’avoir vécu ce genre d’adversité.

On pense notamment aux enfants gâtés. Vous savez, les enfants gâtés sont toujours malheureux pour une petite contrariété comme par exemple de pas avoir la dernière console, de ne pas avoir le dernier jeu vidéo à la mode.

Pareil pour les enfants en bas âge. Dès qu’on leur enlève un jouet des mains, c’est la fin du monde !

Et même si vous êtes dans ce cas là et que vous n’avez pas eu forcément à vivre de grandes adversités, eh bien vous pouvez quand même cultiver ce genre de choses, par des pratiques mises au point par les stoïques, des philosophes qui ont vécu il y a quelques milliers d’années.

Le principe est simplement d’imaginer tout ce qui pourrait arriver de pire.

Imaginez qu’est-ce que vous feriez si vous perdiez votre voiture, si vous perdiez votre maison, si vous perdiez l’usage de votre main ou de votre jambe, si vous perdiez la santé.

Qu’est-ce qui arriverait. Imaginez ce que ça apporterait dans votre vie. Quelles seraient les contraintes que ça vous donnerait.

Essayez de l’imaginer de manière vivide.

C’est marrant parce que c’est un peu le contraire du concept de pensée positive.

Mais ce genre de pensée négative est très utile.

Parce que le jour où ça va vous arriver. Le jour où vous allez perdre un être cher, vous allez pouvoir relativiser plus facilement.

Je ne dis pas que vous allez pas du tout être attristé. Et heureusement car il faut bien faire votre deuil.

Mais en imaginant des incidents qui peuvent arriver, vous allez pouvoir mieux les relativiser, et vous allez être plus heureux au quotidien.

Du coup, vous pouvez essayer cet exercice. En général, les stoïques, ils faisaient ça le soir avant de s’endormir.

Voilà donc un truc à essayer et à tester.

Quant à moi, je vous laisse voir ça, et je vous donne rendez-vous pour la prochaine tranche d’efficacité.

Auteur : Alexandre Philippe

Alexandre Philippe est le fondateur du blog C'éclair. Constamment en quête de nouvelles méthodes d'organisation, de motivation et d'apprentissage, il délivre ses éclairs d'efficacité chaque semaine sur ce blog.