Auto-efficacité : découvrez les 4 sources du sentiment d’efficacité personnelle

Par | 20 novembre 2012

Le sentiment d'efficacité personnelle

Avez-vous parfois l’impression de manquer cruellement de compétence lors de la réalisation de certaines tâches ?

Est-ce que l’idée même de commencer un exercice de mathématiques, par exemple, vous fait vaciller ?

Si vous ne vous sentez pas capable d’apprendre dans un certain domaine, on dit que vous avez un faible ”sentiment d’efficacité personnelle” pour ce domaine.

Ce sentiment est subjectif. Il ne reflète pas forcément vos capacités réelles. Il peut par contre influer de manière significative sur votre niveau de performance.

En effet, des recherches réalisées dans le secteur de l’éducation montrent que plus un apprenant a une efficacité perçue élevée :

  • plus il choisira des activités favorisant l’apprentissage, par opposition aux tâches simples qu’il maîtrise déjà
  • plus il se fixera des objectifs élevés
  • mieux il gèrera son stress et son anxiété
  • plus il persistera face aux difficultés

Il sera donc beaucoup mieux armé pour accomplir ses tâches.

D’après Albert Bandura, auteur du livre  Auto-efficacité : le sentiment d’efficacité personnelle, ce sentiment se construit principalement grâce à 4 sources.

Je vous propose de les décortiquer dans cet article afin de découvrir comment elles peuvent vous aider à booster votre sentiment d’auto-efficacité :


1. Les expériences actives de maîtrise

Votre sentiment d’efficacité personnelle est dans une large mesure influencé par vos expériences passées dans le domaine de compétence de la tâche que vous souhaitez accomplir.

On sait par exemple que le redoublement d’un élève a un impact négatif sur la compétence qu’il perçoit de lui-même.

Vous pouvez cependant remédier à ce genre de problème en collectionnant les petits succès.

Si la tâche est intimidante, le simple fait de la restructurer en plusieurs parties, présentant pour chacune d’entre elles un défi modéré, pas trop difficile à accomplir et dans un court laps de temps boostera sensiblement votre sentiment d’efficacité personnelle.

Ces petits objectifs seront d’autant plus profitables s’ils se focalisent sur le processus de compréhension et d’apprentissage, plutôt que sur le produit ou la performance à obtenir.

2. Les expériences vicariantes

Observer la réussite ou l’échec d’une personne sur une tâche que vous voulez accomplir influence aussi votre sentiment d’efficacité personnelle.

D’une part, vous pouvez vous identifier à la personne qui réussit. En la prenant comme modèle, vous allez être conforté dans l’idée que vous pouvez vous aussi réussir.

Mais il est également possible qu’en vous comparant aux meilleurs, cela vous renvoie à votre propre faiblesse. Et cela peut constituer une sérieuse menace pour votre efficacité perçue.

Pour minimiser cet effet indésirable, focalisez-vous davantage sur les progrès accomplis et la façon d’accroître votre maîtrise plutôt que sur votre rang par rapport aux autres.

3. La persuasion verbale

Nous sommes tous très sensibles à l’appréciation et aux commentaires de nos parents, de nos pairs et de nos superviseurs. Ces feedbacks jouent un rôle profond dans notre efficacité perçue.

Au delà des notes et des appréciations générales, les feedbacks les plus efficaces sont ceux qui renseignent sur les améliorations possibles du travail effectué.

Les feedbacks négatifs sont utilisables, du moment qu’ils respectent 4 règles :

  1. Spécificité : le commentaire cible un point précis à améliorer
  2. Respect : ne pas utiliser de formulation agressive ou menaçante
  3. Sans attribution : le commentaire n’attribue pas la faute à des facteurs internes à la personne visée (comme un trait de caractère par exemple)
  4. Accompagné de recommandations : indiquez les axes d’amélioration possibles

En combinant l’acquisition de nouvelles compétences et leur validation graduelle par des feedbacks appropriés sur votre maîtrise de ces compétences, vous obtiendrez de bons résultats en terme de sentiment d’efficacité personnelle.

4. Les états physiologiques et émotionnels

Enfin pour évaluer votre aptitude à accomplir telle ou telle tâche, vous vous basez aussi intuitivement sur vos états physiologiques et affectifs.

C’est ainsi que la fatigue ou l’anxiété peut faire chuter votre sentiment d’efficacité personnelle, spécialement dans les domaines liés à la santé, à une activité physique, ou demandant une bonne gestion du stress.

Partant de ce constat, vous pouvez améliorer votre efficacité perçue en utilisant des techniques permettant de réguler vos réactions émotionnelles, comme le mood mapping (cartographie de l’humeur), ou propices au contrôle de soi comme la méditation.

Conclusion

Comme nous l’avons vu, vos croyances d’efficacité ont un impact significatif sur vos performances.

En ayant conscience de ces 4 sources du sentiment d’efficacité personnelle, vous avez de bonnes pistes pour être durablement motivé sur vos tâches ambitieuses, et accroitre vos chances de succès.

Les recherches de Bandura sur le sentiment d’efficacité personnelle ont été appliquées dans de nombreux secteurs tels que l’éducation, le travail, la santé, les phobies, le sport et même dans des actions collectives.

Saurez-vous en tirer parti ?

Je vous conseille de noter précieusement ces quatre points dans un coin de votre esprit, ou encore mieux : dans votre journal personnel. Vous pourrez ainsi les consulter au besoin, lors de vos défis les plus audacieux !

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6 commentaires sur l'article “Auto-efficacité : découvrez les 4 sources du sentiment d’efficacité personnelle

  1. Zakaria

    Oui vous avez raison, quand on est motivé ou qu’on aime une matière on se fixe des objectifs assez grand à atteindre. Merci pour l’article.

    J’ai une petite question, le mood mapping de quoi s’agit il ?

  2. Alexandre Auteur de l'article

    @Zakaria : merci, le mood mapping consiste à garder un journal de bord des états d’humeurs que nous avons pendant la journée, afin de pouvoir en déduire leurs cause et ainsi pouvoir plus facilement éviter les émotions négatives comme l’anxiété et la dépression.
    On peut pour cela utiliser un graphique, avec en abscisse le niveau de bien être perçu (donc les humeurs négatifs se place tout à gauche) et en ordonnée l’intensité (en bas le calme et en haut l’agitation intérieure).

    @Fidjo : de rien !

  3. Zakaria

    C’est intéressant, et c’est la première que j’entend parler de cette science. La science humaine ne cesse pas de nous impressionner.

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