Attendre sagement : et si ça pouvait vous faire gagner du temps ?

Par | 21 juillet 2015

Dans cet article, on continue à décortiquer la journée de travail calamiteuse de Speedy Rabbit. Et on va en profiter pour en extraire un exercice pratique pour vous éviter de perdre du temps inutilement au bureau.

Patienter pour gagner du temps

Rappelez-vous, il était arrivé un bien mauvais tour à Speedy Rabbit quand il avait débuté son après-midi de travail, bien décidé à éponger tout le retard qui s’était accumulé.

Après un bon repas, il était plein d’énergie pour attaquer l’après-midi sur les chapeaux de roue ! Seulement, il a bien déchanté lorsqu’il a démarré son logiciel.

Frustré par l’attente “interminable” du chargement de ce "fichu logiciel", il en a profité pour surfer sur les actualités du net.

Mais il n’a pas pu s’arrêter. Et ce n’est qu’à la pause du milieu d’après-midi qu’il a enfin levé la tête de ces actualités tellement prenantes !

Quel gâchi ! Imaginez le temps gagné s’il avait patienté pendant les 2 minutes de chargement. Il serait alors resté concentré sur son travail et aurait enfin pu avancer sur ses tâches de la journée.


Attendre : quel supplice !

Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais "attendre" a généralement une connotation négative.

Surtout quand on est forcé d’attendre.

Tenez, là par exemple, si je vous disais :

"Et maintenant, une courte minute d’entracte ! Mais ne nous quittez pas, dans 1 minute, vous découvrirez la suite de cet article !".

Vous ne seriez pas aux anges n’est-ce pas ?

Personne n’aime gaspiller son temps, cette ressource si précieuse qui s’épuise inlassablement jusqu’à la fin de notre vie.

On peut même dire qu’attendre est le triste sort des gens peu fortunés.

Les privilégiés, eux, passent toujours devant les autres. Ils ont des guichets spéciaux, des places VIP, ils sont pris directement aux rendez-vous…

Tandis que les infortunés doivent affronter les queues interminables, se libérer pendant les heures d’ouverture bancales des institutions, subir les humeurs des personnels d’administration, et j’en passe…

Alors c’est évident, attendre c’est résolument pour les losers n’est-ce pas ?

Les vertues insoupçonnées de l’attente

On ferait pourtant bien de réévaluer notre rapport à l’attente.

On l’a bien vu avec Speedy Rabbit, si vous cherchez à éviter l’attente grâce à une activité plaisir, aussi inoffensive semble-t-elle, il y a toujours le risque d’être aspiré pas cette activité, qui vous empêchera de retourner à temps sur votre tâche.

D’autre part, même si vous faites le choix de basculer vers une “activité productive” au lieu d’une “activité plaisir”, là encore ce n’est pas gagné.

Par exemple, si vous décidez de répondre rapidement à un email important pour patienter, eh bien ce n’est généralement pas efficace.

Pourquoi ? Pour plusieurs raisons.

Premièrement, parce que changer de contexte de tâche, ça prend du temps. Il faut que vous cessiez de penser à votre tâche précédente, et que vous vous mettiez dans le bain de la tâche suivante.

Et même une fois que vous avez basculé, une partie de votre esprit pense encore à votre tâche précédente. Parce que la tâche précédente est inachevée. C’est un phénomène psychologique que l’on appelle l’effet Zeigarnik. Et donc vous n’êtes pas entièrement concentré sur votre nouvelle tâche.

Enfin, vous êtes obligé de garder ouvert sur votre ordinateur les logiciels et fichiers nécessaires aux 2 tâches, ce qui désorganise un peu votre cadre de travail.

Tout cela fait que vous avez la désagréable sensation d’être le "cul entre deux chaises". Et au final, vous n’êtes pas plus productif.

La règle des 2 minutes d’attente

Que faire alors ?

Faudrait-il vraiment rester planté éternellement devant son ordinateur en attendant qu’il veuille bien nous redonner la main ?

Ce que je préconise, c’est de ne pas basculer de tâche si l’attente est de moins de 2 minutes.

Cela n’en vaut pas la peine, à cause du coût de basculement pour passer à une autre tâche, et rebasculer ensuite sur la tâche courante.

Que faire pendant ce temps ? Eh bien vous restez donc stoïque, vous en profitez pour respirer, ou bien penser à ce que vous allez faire une fois que vous aurez à nouveau la main.

Au contraire, si vous pensez que l’attente durera plus de 2 minutes, là ça commence à valoir le coup de faire autre chose pour patienter.

Dans ce deuxième cas, essayez quand même de ne pas basculer sur une seconde tâche "intellectuelle", mais plutôt vers une tâche "mécanique". Vous pouvez par exemple aller aux toilette ou aller vous chercher un café pendant le temps d’attente.

Comment s’entraîner ?

Pour bien ancrer ce petit exercice dans votre vie, et améliorer votre rapport à l’attente, saisissez tous ces moments d’attente de votre quotidien pour appliquer la règle des 2 minutes.

Essayez de changer votre perception des moments d’attente, et des les voir comme une bouffée d’oxygène au milieu de votre journée, au lieu d’une perte de temps insupportable.

Par exemple :

  • A la caisse du supermarché, au lieu de dégainer tout de suite votre portable pour ne pas attendre inutilement, prenez le temps de respirer lentement et profondément.
  • Derrière une voiture qui fait une manoeuvre, au lieu de vous énerver intérieurement contre ce "touriste de la route", profitez de cette courte pause pour vous détendre.
  • Dans une conversation entre amis, au lieu de couper hâtivement la discussion pour passer à un sujet qui vous passionne davantage, laissez le temps à vos interlocuteurs de développer leur pensée.

Vous allez voir que tout cela va vous permettre de baisser peu à peu votre niveau d’impulsivité. Et au final, cette simple règle des 2 minutes va vous éviter bien des dispersions durant votre journée de travail.

Auteur : Alexandre Philippe

Alexandre Philippe est le fondateur du blog C'éclair. Constamment en quête de nouvelles méthodes d'organisation, de motivation et d'apprentissage, il délivre ses éclairs d'efficacité chaque semaine sur ce blog.

3 commentaires sur l'article “Attendre sagement : et si ça pouvait vous faire gagner du temps ?

  1. Olivier CLEMENCE

    Bonjour Alexandre,
    complètement d’accord avec cet article. Moi aussi je faisait comme Speedy Rabbit dès que quelques choses n’allait pas assez vite je commençais autre chose. Le problème c’est qu’il n’y a que très peu de chose qui peuvent être faites en 2 minutes (du moins correctement).

    Lire un article pourquoi pas mais après on sera tenter de laisser un commentaire, d’aller plus loin, de cliquer sur les liens qui sont dedans, etc….

    Pour ma part lorsque je dois attendre je fait différentes choses selon le temps d’attente prévue:
    – moins de 5 minutes, je ferme les yeux je met ma tête en arrière et je me relaxe… ahhhhh (faites le vraiment ça vaut le coût). Ou alors je me fait un café. Ou je vais embrasser mes enfants s’ils sont à la maison.

    – entre 5 et 15 minutes: je fait un peu de batterie (ma batterie est dans mon bureau donc pratique)

    – plus de 15 minutes, je reporte ma tâche et je lancerai le logiciel pendant la pause repas pour qu’il fasse sa mise à jour pendant que je mange.

    A bientôt,
    Olivier

  2. Sam

    Salut Alexandre !
    Super article je trouve. Les petits moments de pause ou d’attente sont pour moi l’occasion de pouvoir méditer facilement et rapidement dans la journée. Il suffit simplement de se concentrer sur sa respiraton, à la fois sur l’air qui rentre dans les poumons quand on inspire et qui sort par la bouche quand on expire. Faire cela plusieurs fois par jour permet de se déteindre et utiliser au mieux les temps d’attente que l’on a de manière productive.
    Tu en penses quoi ?

    Samir

  3. Miguel

    J’ai commencé récemment à utiliser ces moments d’attentes pour faire des microméditations pour travailler sur mon ressenti ou ma respiration. Cela permet de ralentir et de revenir encore plus encore dans le moment présent.
    Miguel

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