Alcool : peut-on s’en passer?

Par | 29 juin 2009

L'alcool est un lubrifiant social

Récemment, j’ai eu l’idée (saugrenue?) de ne plus boire du tout d’alcool. C’était une résolution ferme. J’avais de bonnes motivations. D’une part, j’ai lu que l’alcool pouvait être à l’origine de mes crises d’algie faciale – une maladie rare provoquant des maux de tête terribles. Et puis ça me semblait sympa de dire au revoir à tous les autres désagréments de l’alcool : la gueule de bois du lendemain, le gros bide de la bière, la conduite en état d’ébriété sans oublier le cancer du foie!

A côté de ça, j’avais commencé à sortir en boîte avec un ami qui ne boit pas. Et ça ne l’empêchait pas de s’amuser. Alors je lui ai emboîté le pas, et finalement, c’est vrai que j’arrivais quand même à être dans l’ambiance, à danser sur la piste et aller aborder des inconnues. Alors je me suis dit que je pourrais peut-être bien m’affranchir de l’alcool.

Le hic(sans jeu de mot) c’est que l’alcool est tellement ancré dans les moeurs qu’on ne peut pas refuser de boire en toute situation. Dans le film Roger Dodger, il y a une réplique révélatrice, où un adolescent qui refuse de boire se voit répondre par son oncle : “l’alcool a été un lubrifiant social pendant un millier d’années, et tu crois que tu vas t’asseoir ici ce soir et réinventer la roue?” (précisons bien aussi que ça se passe à Londres).

Il est vrai que, en particulier dans la culture occidentale, ce serait être bien naïf de penser qu’on va pouvoir échapper au système. Moi-même lorsque je suis récemment retourné en France pour une fête de famille, j’ai réalisé combien ce serait vu comme une offense, comme un signe de ne pas vouloir faire honneur à la fête si j’avais dit non à l’alcool. D’autant qu’on m’a toujours vu boire…

Refuser de boire de l’alcool, c’est comme vouloir rester trop sérieux, raisonnable. On privilégie la santé sur la fête. On dit non aux plaisirs de la vie par peur de braver la mort. Et la peur ce n’est pas viril du tout pour nous les hommes. Celui qui a peur de s’envoyer en l’air ne sera probablement pas un bon coup au lit. 😉

Alors au lieu de dire “ça me donne mal à la tête”, j’aurais pu trouver d’autres excuses plus convainquantes. Du genre : “je suis sous antibiotiques”, “je m’entraîne pour un marathon” ou carrément “mon père battait ma mère sous l’emprise de l’alcool”.  Mais ça n’empêcherait pas d’être mis un peu de côté, de passer pour un marginal. On se rends compte que dire au revoir à l’alcool, c’est dire au revoir à beaucoup dopportunités de rencontre.

C’est là qu’on voit toute la difficulté qu’ont certains alcooliques qui dépendent physiquement de l’alcool à arrêter de boire. Même en sensibilisant leur entourage à leur maladie, ils ne pourront pas échapper au rituel de l’alcool lors de nouvelles rencontres. Moi-même il y a quelques jours, j’avais à peine discuté avec un groupe de mauriciens attablés à un restaurant qu’ils m’avaient déjà commandé une bière, suivie d’une autre avant que j’ai terminé la première. Dur dur de refuser ce rituel d’hospitalité.

Maintenant si on admettait que les moeurs évoluent, et que la raison du plus grand nombre ne nous impose plus de boire. Est-ce qu’on se contenterait de choses plus saines comme la musique, la danse et le rire?

D’après le livre de Ronald Siegel Intoxication : The Universal Drive for Mind-Altering Substances, rien n’est moins sûr. Selon lui, la recherche de substances qui altèrent l’esprit est une tendance naturelle. Ce serait même le quatrième instinct après la soif, la faim et le sexe. Et nous la partageons avec les animaux. Ainsi s’emblerait-il que les amérindiens des andes aient découvert les vertues des feuilles de coca en observant les lamas qui se nourrissaient avec frénésie de ces mêmes feuilles!

Donc finalement, on peut facilement prédire que le recul de l’alcool serait au bénéfice d’autres drogues. Ronald Siegel utilise une belle analogie pour illustrer cela :

Interdire de consommer des drogues pour prévenir les problèmes qui y sont liés serait comme interdire d’avoir des relations sexuelles pour prévenir la propagation du sida

Notre tendance à consommer des drogues comme remède à notre condition humaine n’est donc pas près de disparaître, et nous devons l’accepter. D’ailleurs on peut s’apercevoir que nous consommons déjà beaucoup d’autres substances actives au quotidien par le biais de la cigarette, du café, du thé ou du chocolat.

Le défi est maintenant de consommer les drogues de façon responsable. Boire l’alcool de façon modérée, fumer sans déranger. Voire mieux : trouver des drogues moins nocives pour la santé et la vie en communauté. Certaines solutions existent déjà : par exemple les patchs de nicotine évitent de s’entartrer les poumons. Bon évidemment dans ce cas précis on perd la plupart des codes sociaux des fumeurs : produire de belles volutes de fumées, demander du feu à une demoiselle ou prétendre qu’on est occupé quand on ne fait rien. Mais on trouvera bien un jour quelquechose qui se rapproche de la drogue parfaite.

Pour répondre à la question posée par cet article, on pourra conclure que l’arrêt de l’alcool sera d’autant plus dur que vous êtes dans une société qui en est dépendante. Ainsi arrêter de boire à Londres sera beaucoup plus dur qu’arrêter en Iran où l’Islam l’interdit. Cela dit, comme le souligne cet article, il est à noter que beaucoup résistent à l’interdiction en Iran, donc si on vous offre de l’alcool là-bas, ça sera peut-être encore plus difficile de refuser qu’en Europe étant donné les risques encourus pour vous en trouver!

Pour ma part, je m’en tiendrai à une consommation occasionnelle comme je l’ai toujours fait, m’en servant comme tremplin pour de nouvelles rencontres si nécessaire ou comme moyen pour me lâcher les jours de grande fête entre bons amis. Car finalement la vie serait trop sérieuse sans jamais boire d’alcool! [EDIT : 02/07/09 : suite au commentaire de ambiome, je voudrais tempérer la dernière phrase pour ceux qui souffrent de dépendance à l’alcool. Un arrêt total sera probablement dans votre cas le meilleur moyen de vous guérir.]

Cet article est ma contribution au festival A la Croisée des Blogs du mois de Juillet, dont le thème était “s’affranchir d’une dépendance” et organisé par Guillaume du blog S’améliorer.com.

26 commentaires sur l'article “Alcool : peut-on s’en passer?

  1. Ambiome

    Arf, c’est dommage, c’était un excellent billet… Mais le « Car finalement la vie serait trop sérieuse sans jamais boire d’alcool! » gâche un peu la fête, en tout cas pour moi, qui suis alcoolique (abstinente à présent).

    Arrêter de boire n’a pas été évident, notamment parce j’étais justement persuadée que la vie serait d’un terrible ennui, en particulier lors des soirées et autres évènements festifs. La vérité, et je l’ai découvert petit à petit, c’est que oui, il est parfaitement possible de danser, de s’amuser et même de se lâcher un bon coup sans consommer d’alcool. Mais bien sûr, cela implique certaines choses, comme être avec les « bonnes personnes ». Avec mes amis, pas besoin d’alcool pour vraiment m’amuser. Mais dans les soirées sans intérêt (à mon goût), je vais forcément m’ennuyer. Dans ce cas, je n’y vais pas ou je ne fais qu’un passage éclair 😉

    Je ne prône évidemment pas l’arrêt complet d’alcool pour les personnes qui n’ont pas de problème avec ce produit, je tenais juste à nuancer ta dernière phrase qui peut être mal interprêtée par quelqu’un qui aurait un problème d’alcool et passerait par là. Sinon, comme tu l’as si bien dit, la modération est le meilleur ami qui soit (surtout les lendemains de fête ;)) !

  2. Boréale

    « Celui qui a peur de s’envoyer en l’air ne sera probablement pas un bon coup au lit. 😉 »

    Personnellement, je serais plus séduite par un homme qui ne boit pas que par un homme qui boit trop. Ou pour être encore plus plus précise : je serais plus séduite par un homme qui boit peu que par un homme qui ne se rend pas compte qu’il boit déjà trop.
    Trop boire, ça passe une fois de temps en temps, une fois par mois grand max… mais en général je trouve ça vraiment anti-sexy à mort.
    😉

  3. Dark

    Je rejoins Ambiome dans son commentaire, car je trouve qu’elle a bien fait la part des choses : il y a les personnes qui ont un problème avec l’alcool, et puis il y a les autres. Attention aux amalgames, Céclair : une personne qui dépend physiquement de l’alcool, c’est une malade de l’alcool (le stade le plus grave). Un(e) alcoolique est un(e) malade, mais la dépendance n’est que (!) psychologique. Ce qui ne facilite pas pour autant l’arrêt. Mais des alcooliques, il y en a beaucoup plus qu’on ne veut bien l’admettre, parmi nos amis, les membres de notre famille…
    Je rejoins Ambiome : le mieux est de s’éloigner de certaines personnes. Par ailleurs, tout le monde pousse à boire, et cela peut devenir très dur de refuser systématiquement. J’ai un ami qui pratique l’humour, et qui arrive régulièrement à désamorcer les comportements « allez bois un coup » avec quelques arguments amusants (par exemple, « si je commence, je vais vider tous vos verres », et les autres de se reculer en protégeant leur verre…).
    Mais cela demande de la motivation :-)

  4. Hugo

    Bon article, neutre et bien vu.

    Ce que dit un auteur que tu cites « Selon lui, la recherche de substances qui altèrent l’esprit est une tendance naturelle. Ce serait même le quatrième instinct après la soif, la faim et le sexe. » me paraît biaisé mais pertinent.

    Cette attirance je la vois de deux manières :

    -La recherche de plaisir, qui comme tu l’as dit peut passer par le chocolat, la télé, l’amour, ou n’importe quoi d’autre qui soit en mesure de libérer cette précieuse dopamine dans notre cerveau (et qui est finalement LA drogue ultime, en fait nous sommes tous drogués d’une certaine manière de par notre fonctionnement chimique)
    -le deuxième point est plus mystique. « Chercher des substances qui altèrent l’esprit » participe pour moi d’un instinct de recherche du divin dans la nature. Transcender l’esprit comme un explorateur de la conscience cherchant une vision supérieure de la nature et de soi-même. En témoignent les nombreuses coutumes de cérémonies chamaniques que l’on retrouve en tous points du globe depuis toujours.

    La drogue (j’inclue dans ce terme toute substance psycho-active) est un sujet encore tabou aujourd’hui. Il y aurait pourtant un débat vraiment utile à engager sur le sujet. Comprendre la drogue c’est comprendre le phénomène d’addiction et
    et son emprise universelle sur l’être humain. Tout homme dépend de mille choses, même le plus chaste et sain. Le SAINT lui peut-être s’en ai affranchi… On peut remarquer les bouddhistes par exemple, qui prônent la liberté intérieure car ils ont compris depuis longtemps la nature addictive de l’Homme et son PERPETUEL besoin de trouver son plaisir à l’extérieur de soit.

  5. barthox

    Salut,

    par rapport à l’algie faciale, l’alcool peut etre un facteur déclencheur de crise … lorsque tu es en période de crise … pas en dehors … tout comme d’autres facteurs comme le chocolat, la fumée, …

    Maintenant, c’est peut-etre cela qaue tu voulais dire … ;o)

    Et bien sur cela ne change rien au débat alcool or not alcool …

  6. Al-Kanz

    Oui, on peut s’en passer et même n’en avoir jamais bu de toute sa vie :)

  7. Fabio

    Effectivement, boire plus de 2 verres par semaine fait de nous des alcooliques, à faible degré. Car il y a plusieurs degrés qui vont de l’alcoolisme occasionnel (mais régulier, ce qui le caractérise) jusqu’à l’alcoolisme à outrance.

    En tout cas, article particulièrement intéressant qui montre à quel point nous ne pouvons pas nous passer de certains « rituels » pour s’intégrer à la société. C’est pas demain la veille que ça changera !

  8. Alexandre

    Je vous remercie pour vos nombreux commentaires constructifs.

    @Ambiome : je réalise ma maladresse dans cette dernière phrase, qui n’encourage guère ceux qui peinent à arrêter. Je vais ajouter ta remarque à côté.

    @Boréale : je suis d’accord que si on a trop bu, on est définitivement pas un bon coup au lit! Mais j’ai l’impression que refuser l’alcool nous range parfois dans la case des coincés à défaut d’une bonne excuse genre conviction religieuse, maladie ou drame vécu dû à l’alcool.

    @Dark : Etre dépendant psychologiquement, ça rejoint pas ce que j’ai écris par rapport aux normes socio-culturelles qui nous poussent à boire? Par dépendant physiquement, je veux dire que le corps en redemande, ça ne veut pas dire pour autant qu’on va bientôt en crever(notion de malade « terminal ») non? Sinon bien vu pour le fait d’y aller sur le ton de l’humour à défaut d’une bonne excuse.

    @Hugo : « nous sommes tous drogués d’une certaine manière de par notre fonctionnement chimique » : j’aime bien cette idée. Ca explique bien le caractère naturel de notre penchant pour les drogues.
    Après le 4ième penchant, bon je pense que l’auteur a écrit cela pour marquer les esprits. Boire et manger se regroupe dans l’instinct de survie, qui pourrait aussi inclure le fait d’éviter la douleur par exemple. Le sexe c’est à la fois un instinct de reproduction et la recherche du plaisir.
    Au sujet du mystique, je citerai les grecques, pour qui boire et abuser d’alcool était une manière de rendre hommage au dieu Dionysos.

    @barthox : en fait j’ai lu le témoignage d’un malade pour qui consommer de l’alcool 3 jours de suite provoque une période de crises. Alors je me demandais si ça aurait un impact sur moi. Mais j’avoue que bien qu’ayant déjà passé quelques jours à boire, ça ne m’a jamais encore déclenché de période de crise.

    @Al-Kanz : ne jamais en boire de toute sa vie, ça doit être difficile mais faisable si on n’y a pas accès. C’est ton cas?

    @Noémie, Fabio : pour ma part, il m’est déjà arrivé d’abuser d’alcool pendant une longue période(quand je faisais mes études à Dublin), et à forte dose. Pourtant je ne garde strictement aucune dépendance physique pour l’alcool, même pas une petite envie. C’est à dire que seul ça ne me viendrait jamais à l’esprit de boire de l’alcool.
    Il faut dire que j’ai commencé à boire très tard.
    Peut-être que ceci explique cela.

  9. Ambiome

    Merci d’avoir pris en compte mon commentaire :) Attention, je ne veux pas dire aux autres dépendants ce qu’ils doivent faire, mais j’ai constaté que dans mon cas, l’arrêt total s’est avéré beaucoup plus simple et efficace que de tenter de diminuer ma consommation (ce qui demande beaucoup d’énergie et de réflexion, et qui s’est avéré complètement inefficace à moyen terme).

    Je tenais surtout à ce que les dépendants sachent qu’une vie sans alcool, si c’est difficile au début, est tout à fait possible et ne nous enlève pas nos qualités. Au contraire, en ce qui me concerne, cela m’a permis de découvrir avec plaisir qui j’étais vraiment :)

  10. Mama-Zen

    Tu n’aurais pas pu écrire un meilleur article pour illustrer ma perception de l’alcool dans la vie sociale. Bravo et merci!

  11. khrys

    @Fabio
    « Effectivement, boire plus de 2 verres par semaine fait de nous des alcooliques, à faible degré »

    Pas du tout, et c’est une claire misconception: comme dit Alex, qui a vecu a Dublin ou Londres sait que ca n’a rien a voir. On boit facilement une ou deux pintes par jour et bien plus le weekend. Pourtant, vous en isolez un, dans un environement completement different, vous verrez qu’il n’aura pas besoin de sa dose …

  12. Alexandre Auteur de l'article

    @Ambiome : j’entends bien que tout le monde n’est pas de cet avis. Mais quand je pense à d’autres dépendances que j’ai vécu(jeux vidéo, jeux en ligne et chat sur yahoo.fr si je puis faire la comparaison), il me paraît également que s’arrêter totalement est le plus efficace. Ca m’est déjà arrivé de m’y remettre rien que 10min, et j’étais bon pour y passer la soirée, voire le weekend entier.

    @Mama-Zen : merci!

    @Khrys : merci d’étayer mon argumentation ;). Tiens les jeux vidéo, ça te rappelles pas quelquechose?

  13. Val

    Excellent article, appuyé par d’excellents commentaires, j’ai passé un très bon moment à vous lire tous!

    Je dois dire que je me rapproche de Boréale de part mon vécu; pour moi il n’y a rien de pire qu’une personne qui ne se rend pas compte qu’elle a trop bu. C’était le cas de mon ex, qui en plus avait un comportement franchement désagréable après seulement quelques bières (4 au plus, ce qui n’est pas grand chose au Québec). J’en ai carrément développé une intolérance aux comportements douteux engendrés par l’alcool.

    Je ne bois qu’un verre de temps en temps, en apéritif ou en digestif. J’aime le goût de l’alcool fort (whisky et vodka notamment) mais en toute modération. Je n’ai pas eu de gueule de bois depuis le 1er Janvier 2000 (une soirée et un lendemain mémorable, c’est certainement ma dernière gueule de bois à vie!). Quand je sors je commande un jus de fruits si je n’ai pas envie d’autre chose. J’ai réalisé que de tenir un verre dans ses mains qui n’est pas un verre rempli d’eau, même s’il n’y a pas d’alcool dedans, compense et est mieux vu que de ne rien tenir du tout.

  14. Ismael

    Bonjour à tous,

    Pour ceux qui savent boire, tant mieux.

    Pour les autres, l’alcool est un véritable problème. L’abus d’alcool trouve son origine, à mon avis, dans la volonté de palier à des manques ou pour fuire des problémes parcequ’en buvant, on est euphorique et on a l’impression que les problèmes sont résolues.
    L’alcool, au mieux ne résoud pas les problémes, au pire les aggreve et en rajoute d’autres.
    Dire je bois pour être heureux, c’est se mentir et croire mentir à la société.
    Il faut pouvoir avouer le caractére patologique de ce fléau : c’est le début de la solution.

    J’aimerai arrêter de boire. C’est ma volonté pour les jours et les mois à venir.

    Bonne journée à tous

  15. Kim

    Moi aussi j’ai eu beaucoup de plaisir a lire cette page. Surtout le point de vue d’ambiome et lorsqu’elle dit que « l’arrêt total s’est avéré beaucoup plus simple et efficace que de tenter de diminuer ma consommation (ce qui demande beaucoup d’énergie et de réflexion, et qui s’est avéré complètement inefficace à moyen terme).Cependant je reste avec ma tristesse…car je ne suis pas « encore » liberee de ma dependance. Je sais que je suis alcoolque, autant que 2+2 font 4. Je sais que il n’y a plus 1 million de solutions POUR MOI. Mais ma plus grande peur-perte est de m’ennuyer a mort si j’arrete un jour completement de boire. Que faire?…ne plus sortir? plus de repas de familles, de soirees, de fetes, « d’aperos » ( a la con) entre collegues, amis, etc etc… j’ai peur que si je ne bois plus, ma vie va etre fade. Triste, banale, serieuse, trop vide d’emotions….est-ce quelqu’un en rapport avec ce que j’ecris la pourrait me dire si etant abstinent on peut quand meme ne pas se sentir « hors-norme »??…j’ai lus des centaines d’articles de forums depuis 1 an maintenant (periode a laquelle j’ai « compris » mon alcoolisme et ete moi-meme en centre de desintoxication pour 21 jours), mais je bois encore. Car comme le dis Alexandre, c’est tres tres dur dans notre societe francaise, europeenne ou americaine de ne pas boire d’alcool. C’est trop nul, il y en partout…bref. Des fois je reve que je m’en vais vivre dans un pays ou l’alcool n’existe pas. Je sais que c’est nul. Mais malgre mes petits pas, ma prise de consciences, mes therapies ( je continue et en parle facilement), mes cuites a repetitions, mon mal-etre, mes gueules-de-bois horribles, les problemes la honte la haine la tristesse,la fatigue etc….je continue a me tuer a petit feu.
    J’envie ceux qui ne se reconnaissent pas dans ce que je dis. mais peut-etre ont-ils aussi d’autres epreuves?…
    Pour finir, ce qui me fait le plus mal, c’est moi. Je me trouve « gachis ». Depuis toute petite, j’ai entendu que j’avais tout pour moi. c’est vrai. et je crois bien que ca me fait bien chier en fin de compte.
    L’auto-culpabilite est la chose la plus destructrice que je connaisse.
    Bonne chance a ceux qui en ont besoin, bonne vie aux autres.

  16. Kim

    Désolée pour les accents et les fautes..j’ai envoyé trop vite avant de rectifier.

  17. Dark

    « est-ce quelqu’un en rapport avec ce que j’ecris la pourrait me dire si etant abstinent on peut quand meme ne pas se sentir “hors-norme”?? »

    La réponse rapide est : oui, on peut ne pas se sentir hors norme. Parce que l’alcool (avec lequel nous, alcooliques, avons une longue histoire), c’est souvent quelque chose qui a caché, masqué, étouffé, d’autres problèmes. Et que le fait de décider d’arrêter, c’est aussi décider de commencer à vivre sans s’anesthésier. (je le répète, c’est un alcoolique qui parle, ça ne concerne pas les gens qui ont une consommation modérée et maîtrisée). Donc pour moi, le côté « hors norme » n’a pas de sens, car j’ai changé la norme, et je sais pourquoi je le fais.
    Maintenant, le regard des autres, leur insistance, le fait qu’on aimerait leur faire comprendre que, merde, ils pourraient arrêter de nous tenter à boire, oui, par moments, c’est fatigant. Chacun(e) trouve la manière de gérer ça.
    Aller dans les fêtes ne signifie pas boire. Si on aime danser, si on aime parler, rencontrer des gens, l’alcool n’est pas indispensable. Ce que j’ai remarqué, depuis que je suis abstinent, c’est qu’au moins, j’écoute et je retiens ce qu’on me dit. Cela crée des relations de meilleure qualité, indéniablement.
    En espérant t’avoir aidé.

  18. Alexandre

    @Kim : merci pour ce témoignage qui devrait mettre du baume au coeur à tout ceux qui veulent en finir avec l’alcool.

    Perso, je ne suis pas un vrai alcoolique. Par contre je suis un peu dépendant du chocolat. Evidemment ça paraît ridicule face aux désagréments de l’alcool. Mais ce que je sais quand on parle de chocolat, c’est que je suis incapable de commencer une plaque de chocolat sans la finir entièrement le même jour. Incapable de modérer ma consommation!

    Je crois donc que tu as intérêt à faire une diète complète. Et en effet si ça peut t’aider de changer d’air, par exemple sortir avec des amis qui ne boivent pas d’alcool, aller dans un pays musulman, faire une grande randonnée sans alcool, sans doute que ça pourrait t’aider beaucoup à te reconstituer une vie plus équilibrée.

    Et non, je ne pense pas qu’on est fatalement moins drôle quand on ne boit pas. Il suffit de savoir se détendre autrement, par la musique, le rire, le sport notamment. Et puis rappelle-toi que les humoristes ne sont pas bourrés quand ils font leur one man show! lol

    Quand aux soirées où il faut « fatalement » boire, je pense qu’il faut être fier de ne pas boire. Tu prends ta vie en main en refusant de boire pour lutter contre ton addiction. Donc personne ne doit te faire sentir misérable parce que tu ne bois pas. D’ailleurs tu peux très bien retourner leur argument contre eux, avec une petite phrase mordante (« incitation à la débauche, c’est du joli… »).

    Je te souhaite bon courage dans ton rétablissement. A+

  19. Kim

    @Alexandre et @Dark, Merci pour vos réponses et votre soutien. Je sais que j’arrive a faire des pas dans la bonne direction, et même s’ils sont « petits »,ça rajoute un peu de confiance en moi. Bonne chance dans vos vies, attention au chocolat!! A +

  20. Pingback: Blog Anniversaire : C’éclair! a trois ans

  21. Pingback: Il y a un an sur C’éclair! – juin 2009

  22. bla

    j’ai deja arreter de boire de l’alcoll 100 jours mon idee et d’arreter pour toujours il est vrai que lorsque l’on est inviter c’est difficile mais possible lorsque je dis que je dois ramener toute la famille et prendre la voiture de maniere sobre par contre quand je suis a la maison c’est plus difficile comment faire…

  23. bla

    suite j’ai un voeux pour 2013 arreter pour toujours de boire d’alcool partir du 4/01/2013 si tu es timide et l’alcool delaille ta langue fais comment les comediens fais semblant et imagine que dans ton jus fruits ou autre de l’eau tu es aussi bavart et avenant qu’avec l’alcool

  24. fad

    bonjour j’adore ce témoignage et je souhaite vous demander si il est possible de me donner la référence du livre ou vous avez écrit ceci Moi-même il y a quelques jours, j’avais à peine discuté avec un groupe de mauriciens attablés à un restaurant qu’ils m’avaient déjà commandé une bière, suivie d’une autre avant que j’ai terminé la première.

Les commentaires sont fermés.