7 clés essentielles pour en finir avec le perfectionnisme toxique (1/2)

Par | 13 août 2013

Ceci est ma contribution à l’Evénement inter-blogueurs A la Croisée des Blogs du mois d’août, organisé par Régis du blog Moment Présent sur le thème "Eloge de l’imperfection”.

Perfectionniste

On considère habituellement le perfectionnisme comme un atout pour réussir ses études et mener une carrière prestigieuse. Ca paraît évident : si l’on veut avoir une chance de devenir un expert dans un domaine, mieux vaut être méticuleux et discipliné plutôt que brouillon et négligent.

Pourtant, lorsque ces valeurs sont poussées à l’extrême, le bon perfectionnisme laisse place au perfectionnisme toxique. On devient obsédé par la réussite. Chaque échec personnel, aussi mineur soit-il, est vécu comme un drame. On se sent obligé de tout contrôler, par peur de déplaire ou de courir un quelconque danger, même improbable.

Dans un précédent article sur le perfectionnisme, nous avions énuméré les différentes caractéristiques qui distinguent le bon perfectionnisme du perfectionnisme toxique. Aujourd’hui, nous irons un peu plus loin en explorant 7 clés essentielles pour éviter de tomber dans le piège du perfectionnisme toxique…


1. Apprenez la nuance

Les perfectionnistes vivent dans un monde binaire, où toute expérience se solde, soit par une réussite, soit par un échec cuisant. D’où une insatisfaction permanente.

Pour bien comprendre cette tendance, il faut remonter dans l’enfance. Les perfectionnistes ont souvent grandi dans un environnement hautement compétitif. Parfois ce sont les parents qui ont poussé leur enfant à obtenir des résultats toujours parfaits, sous peine de ne plus les aimer. Parfois c’est un entourage rude dans les différentes expériences qu’ils ont vécues qui les a poussés à toujours se donner à fond pour survivre à leur condition.

Pour illustrer cette intolérance à l’échec que la vie et les normes sociales nous font subir, le film "Happiness therapy" nous livre un message détonant. Le héros et l’héroïne du film doivent participer à une compétition de danse semi-professionnelle, alors qu’ils ne sont que des amateurs. Le challenge est d’autant plus risqué que le père du héros a misé une somme importante pour laquelle ils doivent obtenir un score minimum de 5 sur 10.

Après une représentation modeste, mais courageuse, les juges dévoilent enfin leur verdict, et un score de 5 sur 10 apparait sur l’écran ! Comme vous vous en doutez, toute la famille saute de joie ! D’où un effet extrêmement comique, étant donné qu’ils sont en dessous de tous les autres compétiteurs, qui les regardent d’un air médusé.

On le voit bien ici, l’important est qu’ils se sont donné un objectif atteignable pour leur niveau, et qu’ils l’ont réussi !

Souvent, dans notre quotidien, nous avons du mal à valider nos succès lorsqu’on se rend compte que d’autres personnes font mieux que nous. Au contraire, pourquoi ne pas vous inspirer de cet exemple pour célébrer un résultat imparfait à partir du moment où vous vous êtes bien battu et que vous avez donné le meilleur de vous-même ?

2. Allez à l’essentiel

Les perfectionnistes ont tendance à couper les cheveux en quatre, et à peaufiner le moindre détail insignifiant. Pour eux, c’est la seule manière d’obtenir un résultat acceptable. Rien que pour écrire un email basique, ils affinent la moindre tournure de phrase et mettent trois fois plus de temps que les autres à l’envoyer.

Afin de tout maîtriser, ils passent aussi beaucoup de temps à organiser, planifier et préparer avec minutie leurs tâches quotidiennes. Cela les soulage de savoir que tout imprévu est éliminé du champ des possibilités.

Pourtant, cette minutie a un prix. Car ils finissent par s’épuiser sur des tâches qui ne leur apportent que peu de valeur dans leur travail. A cause de cela, les résultats sont en dents de scie, certaines tâches étant très bien réalisées tandis que d’autres n’ont pas pu être achevées, faute de temps.

Pour éviter ce piège, cessez de rester tout le temps le nez dans les détails. Faites preuve d’esprit de synthèse en évaluant votre projet dans sa globalité, et demandez-vous : quel est le but de mes actions ?

Inspirez-vous du principe de Pareto : demandez-vous si ce que vous faites fait bien partie des 20% des tâches qui vous apportent 80% des résultats.

3. Soyez vous-même

Les perfectionnistes ont souvent un faible niveau d’estime de soi. Ils se sentent inférieurs aux autres, et à cause de cela, ils ont peur d’être rejetés parce qu’ils ne seraient pas aussi brillants que leur entourage.

Pour être à la hauteur, ils font donc tout leur possible pour paraître parfaits. Et cela est épuisant, car il faut une attention constante pour paraître plus brillant que l’on est réellement.

Vous vous souvenez de la fable de la grenouille qui voulait se faire aussi grosse que le boeuf ? Comme dans cette fable, il est probable qu’un certain narcissisme inconscient donne aux perfectionnistes la volonté de paraître toujours plus performants.

Mais gare à la crevaison. La plus insignifiante des remarques est parfois suffisante pour provoquer un profond malaise chez les perfectionnistes. D’où, l’instabilité de leur estime de soi.

Or, les gens autour de vous n’ont pas forcément envie de vivre avec quelqu’un de parfait. La franchise et l’authenticité sont aussi des qualités. Une personne qui a du caractère et certaines faiblesses aura l’air plus naturelle qu’une personne qui ne veut montrer que ses atouts. Et cela permet de nouer des relations plus riches avec son entourage.

Même lors d’un entretien d’embauche, on ne vous demandera pas d’être parfait. Vous avez tout à fait le droit de ne pas tout savoir faire. Un candidat à l’allure "trop parfaite" peut même paraître suspect.

Au final, privilégier l’être sur le paraître s’avère nettement plus avantageux pour bâtir une estime de soi élevée.

Vous découvrirez prochainement les quatre clés restantes, dans la deuxième partie de cet article. D’ici là, je vous propose de nous faire part de vos remarques dans les commentaires de cet article…

3 commentaires sur l'article “7 clés essentielles pour en finir avec le perfectionnisme toxique (1/2)

  1. kinda

    Bonjour Alexandre,
    merci pour cet article très intéressant sur le sujet du perfectionnisme, personnellement je ne suis pas un perfectionniste, mais le contenu de l’article me permettra de faire la part sur la meilleure façon de l’être. vivement la suite.

  2. Pingback: 7 clés essentielles pour en finir avec le perfectionnisme toxique (2/2)

  3. Alexandre Auteur de l'article

    Hello Kinda !

    Merci pour ton commentaire. Effectivement, il est rare d’avoir des perfectionnistes purs.

    Mais déjà si tu as pu trouver quelques traits qui te correspondent, ça devrait pouvoir t’aider :)

    PS : la deuxième partie de l’article est publiée

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